Dans un discours qu’il doit prononcer ce samedi à la Conférence sur la sécurité à Munich (Allemagne), le Premier ministre britannique Keir Starmer va appeler l’Europe, «géant endormi», à réduire sa «surdépendance» envers les Etats-Unis en matière d’armement.
Une position en faveur d’une Europe forte. Des extraits du discours que doit faire le Premier ministre britannique Keir Starmer lors de la Conférence sur la sécurité à Munich (Allemagne) ce samedi 14 février, ont été rendus publics par Downing Street.
Ainsi, si les Etats-Unis restent un allié indispensable, à mesure que leur position en matière de sécurité évolue, l’Europe, «géant endormi», doit passer de la «surdépendance» à «l’interdépendance», estime Keir Starmer.
Toutefois, le Premier ministre britannique devrait se défendre de toute «vision» qui scellerait «le retrait des États-Unis» de la sécurité européenne, pour insister sur «un meilleur partage des charges, refondant des liens qui nous ont si bien servis», selon ces extraits.
Donald Trump et son gouvernement ont critiqué à maintes reprises les Européens, accusés de se reposer sur les dépenses militaires américaines pour assurer leur sécurité.
Une coopération renouvelée
Concrètement, Keir Starmer devrait plaider en faveur d’une coopération industrielle européenne renforcée en matière d’armement incluant pleinement les industriels britanniques.
«Nous voulons apporter à l’Europe notre leadership en matière de défense, d’IA et de technologies, afin de multiplier nos forces et construire une base industrielle commune pour booster notre production dans le domaine de la défense», devrait ainsi souligner le Premier ministre britannique.
L’Europe dispose «d’immenses capacités de défense, mais, trop souvent, tout cela a produit un résultat inférieur à la somme de ses parties», selon Keir Starmer, qui rejette la faute sur une «planification industrielle fragmentée» et des «processus de commandes publiques longs et laborieux».
Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, Keir Starmer a plaidé pour un rapprochement économique avec l’UE, en espérant relancer l’emploi et une économie britannique atone.
Fin 2025, Londres a cependant vu ses efforts douchés lorsque des négociations ont échoué avec Bruxelles. Ces dernières visaient à s’accorder sur une participation britannique au programme d’aide à l’industrie de défense en Europe baptisé Safe et doté de 150 milliards d’euros sous forme de prêts.
Par ailleurs, Londres s’est engagé à augmenter ses dépenses de défense à 3,5% du PIB d’ici 2035, conformément à l’objectif fixé par l’OTAN.
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