Dans une lettre ouverte publiée sur son compte Facebook, Mélanie, une mère de famille grièvement brûlée dans l’incendie meurtrier du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, a pris la parole. «Depuis ce jour, je ne vis plus, je survis», a-t-elle écrit.
Un texte pour faire entendre sa voix. Originaire d’Angers, Mélanie, une mère de famille âgée de 32 ans et grièvement brûlée dans l’incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, a pris la parole dans la soirée du dimanche 8 février sur le réseau social Facebook.
Mélanie Van de Velde est revenue sur le drame, indiquant être «cette fille dont on parle parfois sans jamais dire le nom». «Cette fille qui a sauté une rambarde, non pas par bravoure, mais parce qu’à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur. Parce que rester aurait signifié mourir», a-t-elle écrit.
Dans son message touchant, Mélanie a affirmé qu’elle a sauté «pour sauver ma vie». «Depuis ce jour, je ne vis plus. Je survis», a-t-elle dit. A la suite de l’incendie survenu dans le bar «Le Constellation», le corps de la trentenaire est brûlé à près de 40%.
Mais au-delà des séquelles physiques, Mélanie a évoqué, dans sa lettre ouverte, sa détresse psychologique. «Mon corps est devenu un champ de bataille. Chaque pansement, tous les deux jours, est une épreuve. Chaque soin ravive la douleur. La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit. Mais au-delà du corps, il y a autre chose. Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus», a affirmé la mère de famille.
«Mon visage ne retrouvera jamais ses traits d’avant»
Après l’incendie de Crans-Montana, la trentenaire a été transférée à Zurich puis à Nantes, en Loire-Atlantique, où elle se trouve aujourd’hui loin de sa fille qu’elle ne peut «pas prendre dans mes bras quand la douleur devient insupportable».
«Je ne « guéris » pas. Je me transforme malgré moi. Mon corps ne deviendra jamais celui d’avant. Mon visage ne retrouvera jamais ses traits d’avant. Ma peau portera à vie la mémoire de cette nuit. Et mon esprit aussi», a-t-elle poursuivi.
Et de s’interroger: «Où est la justice quand la victime porte à vie les marques visibles et invisibles, et que les responsabilités restent floues, silencieuses, diluées ? Où est la justice quand on parle d’un drame, mais qu’on détourne le regard de ses conséquences humaines ? Où est la justice quand on demande à une femme brûlée de se reconstruire pendant que le monde continue comme si de rien n’était ?».
Aujourd’hui, Mélanie affirme ne pas écrire «par vengeance». «J’écris parce que le silence est une deuxième brûlure. Parce que survivre ne devrait jamais signifier se taire», a-t-elle ajouté, notant que «l’oubli est insupportable quand on vit avec des cicatrices permanente».
«Je vis désormais dans un corps et un visage qui ne seront plus jamais les mêmes. Et tant que cette réalité ne sera pas pleinement reconnue, ma douleur ne sera pas seulement médicale. Elle restera profondément humaine», a conclu la trentenaire.
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