À l’approche des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars 2026, la question de la rémunération des élus locaux revient au cœur du débat.
Souvent critiquées comme trop faibles par les édiles, leurs indemnités de fonction et celles de leurs adjoints font l’objet d’une réforme importante, alors que la représentativité locale traverse une crise de renouvellement.
En droit français, les maires et leurs adjoints ne perçoivent pas de salaire au sens strict, mais une indemnité de fonction versée pour compenser les contraintes du mandat. Historiquement, cette indemnité était conçue pour couvrir les frais et le temps consacré au mandat.
Mais avec l’augmentation des responsabilités, elle est dans les faits devenue une source de revenu essentielle pour beaucoup. Toutefois, cette indemnité ne permet pas aux élus un niveau de vie élevé, surtout dans les petites communes.
Combien touche un maire ?
Le montant des indemnités dépend essentiellement de la taille de la commune. Voici le barème en fonction de la taille des communes :
- Moins de 500 habitants : 1.048,2 €
- 500 à 999 habitants : 1.656,6 €
- 1 000 à 3.499 habitants : 2.121 €
- 3 500 à 9.999 habitants : 2.260,8 €
- 10 000 à 19.999 habitants : 2.671,8 €
- 20 000 à 49.999 habitants : 3.699,5 €
- 50 000 à 99.999 habitants : 4.521,6 €
- 100.000 habitants : 5.960,3 €
Ce barème varie selon les dispositions propres aux métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, où des règles particulières s’appliquent (par exemple des maires d’arrondissement ou des adjoints spécifiques).
L’indemnisation des adjoints
Les adjoints au maire, chargés de portefeuilles spécifiques comme l’urbanisme, les finances ou encore l’éducation, perçoivent eux aussi une indemnité de fonction, généralement plus modeste :
- Moins de 500 habitants : 406,9 €
- 500 à 999 habitants : 439,8 €
- 1.000 à 3.499 habitants : 813,9 €
- 3.500 à 9.999 habitants : 904,3 €
- 10.000 à 19.999 habitants : 1.130,4 €
- 20.000 et 49.999 habitants : 1.356,5 €
- 50.000 et 99.999 habitants : 2.712,9 €
- 100.000 et 200.000 habitants : 2.712,9 €
- Plus de 200.000 habitants : 2.980,1 €
Réforme récente : un statut d’élu local repensé
En décembre 2025, le Parlement a adopté une loi créant un «statut de l’élu local», applicable dès les municipales 2026. Ce texte vise à revaloriser les indemnités notamment pour les maires et adjoints des petites communes, et à introduire des mesures sociales, comme une meilleure prise en charge des congés (maternité, maladie), une formation accrue et une aide à la réinsertion après mandat.
Concrètement, la réforme prévoit une augmentation ciblée des barèmes pour les communes de moins de 20 000 habitants, avec des majorations de l’ordre de 4% à 10%. Ce coup de pouce répond à une réalité du terrain : dans les communes rurales, la charge de travail est souvent intense, tandis que les ressources financières restent modestes.
Le débat autour d’un statut protecteur et attractif pour les élus locaux irrigue la campagne municipale, notamment pour enrayer les démissions (près de 450 maires démissionnent chaque année) et la crise de vocation.
Au moment où se profilent les élections municipales, la rémunération des élus locaux s’inscrit dans un débat plus large : comment valoriser l’engagement local, tout en assurant une représentativité diversifiée et durable. Le gouvernement chercherait donc à donner un cadre plus protecteur et attractif, face à une crise de renouvellement des élus.
![Selon les estimations du ministère de l’Intérieur, les élections municipales de 2026 devraient coûter entre 40 et 46 millions d’euros de plus que celles de 2020. [Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP] Municipales 2026 : avantages, rémunération… Combien gagnent vraiment les maires et leurs...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_32cc78p-taille1200_69497e202d60c-taille1200_69775046bbfa2.jpg?itok=IAare-9B)