Les parents de la fillette de 4 ans retrouvée morte et torturée en 1987 au bord de l’autoroute A10 seront jugés devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois, à partir du 9 novembre, 39 ans après les faits, a appris l’AFP lundi auprès d’avocats.
Un nouveau rebondissement judiciaire 39 ans après les faits. Les parents de la fillette de 4 ans retrouvée morte et torturée en 1987 au bord de l’autoroute A10 comparaitront en novembre devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois, selon les confessions de plusieurs avocats impliqués dans le dossier.
La mère de la petite Inass, surnommée «la martyre de l’A10» en raison des marques de violences retrouvées sur son corps, doit être jugée à 71 ans pour «torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort» tandis que le père, âgé de 74 ans, sera jugé pour «complicité».
Ce procès, aboutissement d’un des plus anciens cold cases en France, doit s’étaler sur trois semaines du 9 au 27 novembre.
Des traces de morsures et de brûlures découvertes sur la fillette
La découverte, le 11 août 1987, de la dépouille mutilée de cette fillette dans un fossé de l’A10 par deux agents de l’autoroute, à hauteur de Suèvres, un petit village du Loir-et-Cher entre Orléans et Tours, a alimenté pendant des décennies la chronique judiciaire.
Le corps portait des marques de violences, dont des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, probablement infligées par une femme, selon les médecins légistes et des rapports consultés par l’AFP.
Un prélèvement ADN qui relance l’affaire en 2018
A cours de pistes, la gendarmerie avait lancé le plus grand appel à témoins jamais initié en France pour tenter d’identifier la victime. Son signalement avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics.
Ce n’est qu’environ trente ans plus tard, en 2018, que les enquêteurs parviennent à remonter jusqu’aux parents, grâce à un prélèvement ADN effectué sur le frère de la victime dans une affaire de violence.
La comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) révèle une correspondance avec des traces ADN retrouvées sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l’enfant, permettant enfin d’identifier le corps.
«Une première étape»
Le dépôt de plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l’ordonnance de mise en accusation du juge d’instruction a retardé la tenue d’un procès. En septembre 2024, la Cour de cassation a finalement ouvert la voie à un procès des parents et validé les chefs d’accusations initiaux.
«C’est une première étape pour redonner un peu de dignité à cette fillette qui a perdu son identité», a estimé auprès de l’AFP Agathe Morel, avocate de l’association Enfance et partage.
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