La petite île bretonne de Molène peine à trouver des candidats pour les élections municipales à venir. Une situation qui pourrait amener la commune à se retrouver sous tutelle.
Alors que les élections municipales se rapprochent, nombre de maires sortants préparent leur succession. Cette période d’effervescence et de renouveau politique suscite pourtant l’inquiétude dans certains territoires de l’Hexagone, où la fonction d’édile a perdu de son attrait. Plusieurs communes peinent en effet à trouver des candidats pour briguer le fauteuil de maire. C’est notamment le cas de l’île de Molène, située sur la côte occidentale du Finistère, en Bretagne.
Le maire sortant de cette commune de 184 habitants, Didier Delhalle, a eu beau chercher, personne ne semble vouloir lui succéder. Il faut dire qu’aux précédentes élections municipales, déjà, il avait été le seul candidat à briguer le poste.
Un désintérêt croissant
En 2020, chaque conseiller était encore élu individuellement, au scrutin majoritaire à deux tours. Le conseil était ensuite chargé d’élire un maire. Depuis une loi du 21 mai 2025 visant à améliorer la parité, les communes de moins de 1.000 habitants sont soumises au scrutin de liste.
Une mesure qui peine à convaincre, voire accentue ce désintérêt croissant pour la politique de proximité. «À Molène, les gens votent pour des personnes. Ça bloque avec le scrutin de liste», déplore Didier Delhalle. Ainsi, à moins de trois semaines de la clôture des candidatures, aucun nom n’a encore émergé.
A cela s’ajoute le quotidien chargé des élus locaux. «Le plus pénible à régler, c’est les différends de voisinage», souligne Didier Delhalle, rappelant qu’un maire est sollicité «24 heures sur 24» dans une petite commune. «Les gens ont la flemme, peur de l’inconnu ou pas envie de s’investir plus que ça», avance de son côté Marie Le Bihan, une habitante de l’île.
Si l’île de Molène ne trouve pas de candidat, elle risque de se retrouver sous la tutelle d’une «délégation spéciale» de représentants du préfet, en attendant de nouvelles élections.
La petite île bretonne pourrait même se voir rattacher à une commune du littoral, met en garde le sous-préfet de Brest, Jean-Philippe Setbon. Cette situation risquerait de nuire sérieusement à l’économie de la localité, puisqu’elle verrait alors sa fiscalité alignée sur sa commune de rattachement.
![Pour pouvoir voter aux municipales, il faut être inscrit sur une liste électorale. [Thibaud MORITZ / AFP] Municipales 2026 : cette petite ville de Bretagne n'a toujours pas de candidat](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_36336hm-taille1200_694a690525a40.jpg?h=0e43a09f&itok=8uHwiZso)