La Belgique envisage d’incarcérer environ 300 détenus sur un bateau pour faire face à la surpopulation carcérale. Une «prison flottante» qui pourrait toutefois ne pas voir le jour en raison de problèmes logistiques et juridiques.
Un projet novateur. Pour répondre à la problématique de surpopulation carcérale qui touche le pays, la Justice belge examine la possibilité de créer un centre pénitentiaire sur l’eau dès l’été 2026, rapporte ce vendredi le journal L’Echo. Ce projet, qui pourrait accueillir 300 détenus, se heurte néanmoins à de lourds défis, notamment en matière de permis, de sécurité incendie, de cadre législatif et de pénurie de gardiens.
La ministre Annelies Verlinden (CD&V) a ainsi évoqué la possibilité d’amarrer un gigantesque bateau dans un port belge, comme celui qui avait déjà été utilisé en 2015 lors de la crise migratoire pour accueillir des migrants, sans toutefois les enfermer. Un projet qui a suscité l’intérêt du secteur privé, puisqu’un consortium d’entreprises, incluant la société de gardiennage Protection Unit, s’est déjà déclaré candidat pour le gérer.
Adapter la loi
Si toutes les options sont étudiées, dont celle d’un bateau de détention, la ministre de la Justice rappelle que de nombreux écueils doivent encore être franchis pour rendre la structure flottante opérationnelle. Un permis devra être accordé, tandis qu’une infrastructure de sécurité, des installations pour le personnel ainsi qu’un parking pour les visiteurs devront être construits. Des gardiens devront également être recrutés, alors que la profession est déjà confrontée à une pénurie.
Il faut en outre prévoir un endroit où les détenus pourront effectuer leur promenade de manière sécurisée et que le ponton passe des tests de sécurité incendie. Il est même possible que la loi doive être adaptée à partir du moment où des sociétés privées seraient impliquées. Un projet complexe donc, mais pas impossible, qui a par ailleurs déjà été réalisé par les Pays-Bas ces dernières années.
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