Dans une circulaire adressée mercredi 4 février aux préfets, le ministère de l’Intérieur a établi les nuances politiques permettant de classer les candidats aux municipales sur l’échiquier politique. Pour la première fois, le parti de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, est officiellement classé à l’extrême gauche.
Une décision qui déplaît les concernés. Le ministère de l’Intérieur a officiellement classé la France insoumise comme parti d’extrême gauche ce mercredi 4 février dans une circulaire envoyée aux préfets en amont des élections municipales de mars prochain.
Pour rappel, ce document, qui est réédité à chaque élection par le ministère de l’Intérieur, a pour objectif de classer les différentes sensibilités politiques afin de permettre une meilleure lecture des résultats.
Un travail d’autant plus complexe que lors des élections municipales, qui se font sous forme de liste, des alliances entre plusieurs partis et mouvements peuvent se nouer. En témoignent les nombreuses listes d’union qui émergent entre le centre et la droite d’un côté et les socialistes, écologistes et communistes de l’autre.
Ainsi, ce classement issu de l’examen «d’un faisceau d’indices concordants et objectifs» permet d’apposer aux listes et aux candidats un libellé. EXG pour l’extrême gauche, EXD pour l’extrême droite ou encore LR pour les Républicains et COM pour les différents partis de type communiste.
La France insoumise, qui bénéficie de son propre libellé qui peut être FI ou LFI, était jusqu’alors classée à gauche, tout comme le Parti socialiste, les Écologistes et le Parti communiste français.
Un recours déposé devant le Conseil d’Etat
Toutefois, avec la nouvelle classification, LFI est donc considéré comme devant être libellée EXG, à l’instar de Lutte ouvrière, du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) ou encore du Parti ouvrier indépendant.
L’apposition de la mention d’extrême gauche à son parti n’a pas plu à Jean-Luc Mélenchon, qui dans la foulée de la publication de la circulaire, a dénoncé la mise en place d’un «trouble l’ordre public électoral» par le ministre Laurent Nuñez.
Nunez innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques. Alors qu’en 2020 et 2023 LFI était classée à gauche, le ministre décide, à la Trump, de nous classer Extrême gauche comme « nuance » dans ses décomptes.
Depuis quand le…— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) February 4, 2026
«Alors qu’en 2020 et 2023 LFI était classée à gauche, le ministre décide, à la Donald Trump, de nous classer Extrême gauche comme « nuance » dans ses décomptes», a-t-il poursuivi, ajoutant : «Depuis quand le ministre de l’Intérieur décide de ce type de changement (…) Ces lettres sont celles d’une république bananière.»
De son côté, le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé une «magouille» estimant que «cette manœuvre est une opération malhonnête du ministre de l’Intérieur qui veut manipuler les nuances pour tenter d’affaiblir» le parti.
Toujours dans la magouille, le ministre de l’intérieur veut classer la @franceinsoumise à l’extrême-gauche pour les prochaines municipales.
Pourtant, ce n’était pas le cas en 2023 pour les élections sénatoriales, ni en 2020 pour les dernières élections municipales. pic.twitter.com/Wte1xtm3YA— Manuel Bompard (@mbompard) February 5, 2026
Face à ce changement de classification, qu’elle rejette ardemment, la France insoumise a indiqué déposer un recours devant le Conseil d’État. En 2024, ce dernier avait déjà confirmé le classement à gauche du parti de Jean-Luc Mélenchon.
La France insoumise n’est pas la seule à rejeter son classement. Depuis plusieurs années, le Rassemblement national refuse également le terme d’extrême droite qui lui est apposé.
![Le droit de vote aux municipales pour les étrangers non européens est présent dans 14 pays de l'UE. [SEBASTIEN BOZON / AFP] La France insoumise : le parti officiellement classé à l'extrême gauche par le ministère de...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_yq8cj-taille1200_698359efabc69.jpg?itok=v4YfU7pk)