Sécurité, terrorisme, conflits armés… Une France inquiète et critique à l'égard de l'Union…

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By InfoHunter


Une vaste enquête publiée par le Parlement européen atteste d’une défiance croissante des Français à l’égard de l’Union européenne, teintée d’un profond pessimisme. Un sombre tableau que décrypte pour la porte-parole du Parlement européen Delphine Colard.

L’Union européenne sommée de réagir. A l’heure où la guerre fait rage depuis quatre ans à l’est du Vieux continent et oùles doutes sur la fiabilité du parapluie sécuritaire américain s’accentuent, les citoyens européens expriment plus que jamais leurs inquiétudes.

Un scepticisme qui semble davantage être prégnant du côté des Français.C’est ce qui ressort de la dernière enquête «Eurobaromètre», publiée mercredi par le Parlement européen.

Une critique acerbe de l’UE

Un mal français, selon Bruxelles, qui trouve ses racines dans un cocktail explosif : pessimisme ambiant, inquiétudes sécuritaires et déception face aux institutions bruxelloises. Et les chiffres sont alarmants.Seuls 38% des Français conservent une image positive de l’UE, contre 49% en moyenne européenne. Mais c’est surtout le taux d’opinions négatives qui interpelle : 29% des Français ont une image négative de l’UE. Un chiffre qui place la France dans le peloton de tête des pays les plus critiques, aux côtés de la Grèce (29%) et de la République tchèque (24%). La moyenne européenne, elle, s’établit à 17%.

Pire : l’Hexagone est le pays qui a la plus mauvaise image du Parlement européen (31 % d’avis négatifs). Cette défiance ne se limite pas à l’image : à peine 48% des Français souhaiteraient que le Parlement européen joue un rôle plus important, contre 59 % des Européens en moyenne.

«Il y a une tendance spécifique à la France, toujours un peu plus critique», explique à Delphine Colard, porte-parole du Parlement européen, et auteure du baromètre. Elle convient que «les citoyens sont inquiets car ils ne sont pas aveugles face aux tensions géopolitiques qui animent le monde».

UN PESSIMISME LIÉ AU NIVEAU DE VIE

Cette méfiance s’inscrit dans un climat général de morosité. Les Français se révèlent champions du pessimisme : 68% se disent pessimistes quant à l’avenir du monde (contre 52% en moyenne européenne), 55% concernant l’avenir de l’UE (contre 39%), et 62% pour l’avenir de leur pays (contre 41%).Un contraste loin d’être nouveau. La France fait partie, depuis de nombreuses années, des pays structurellement les plus pessimistes dans les sondages internationaux, aux côtés des Turcs ou des Argentins. Une forme de réflexe collectif, «d’autoflagellation», comme aimait le rappeler le président Jacques Chirac ?

Les Français semblent épier avec défiance le climat actuel. Au rang des peurs largement partagées, la désinformation qui inquiète 71% des Français (contre 69% en moyenne), le terrorisme pour 74% (67%), les cyberattaques pour 69% (66%) les discours de haine pour 72% (68%), la protection des données personnelles pour 70% (68%), ou encore la guerre pour 72%.

Mais les angoisses sécuritaires n’effacent pas les tourments économiques. L’inflation et le coût de la vie restent la préoccupation numéro un (49% des citations), suivie par la pauvreté puis la santé publique. 45% des Français s’attendent à une baisse de leur niveau de vie dans les cinq prochaines années, contre 28% en moyenne dans l’UE. Un écart colossal qui en dit long sur le moral des ménages. A l’inverse, seuls 12% anticipent une amélioration, bien loin des 31% de Finlandais ou des 29% de Lettons qui gardent espoir.

«Les citoyens appellent surtout à une action européenne unie et forte»

«S’ils sont inquiets par le contexte géopolitique actuel, ils restent néanmoins positifs quant à leur propre avenir et à celui de leur famille», note néanmoins Delphine Colard. En effet,55% restent optimistes pour leur avenir personnel et familial.Et paradoxalement, même déçus de l’Europe, les Français ne souhaitent pas nécessairement s’en affranchir.

Interrogés sur ce qu’ils ressentiraient si la France n’était pas membre de l’UE, 50% déclarent qu’ils se sentiraient «plus inquiets» face aux défis mondiaux. «L’Union européenne permet de peser sur la situation internationale», affirme la porte-parole du Parlement européen qui ajouteque les «citoyens appellent surtout à une action européenne unie et forte pour relever des défis qui dépassent bien souvent l’espace national».

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Ce pessimisme global pourrait s’accentuer lors du prochain baromètre. En effet,les 26.453 citoyens de l’UE sondés ont été interrogés en novembre, relève la haut responsable. Date à laquelle la capture soudaine de Nicolas Maduro au Venezuela ou encore les velléités expansionnistes de Donald Trump au Groenland, n’ont pas encore pris en compte. Sans oublier le Mercosur, l’accord de libre-échange commercial signé le 17 janvier par Ursula von der Leyen.«On n’était pas encore dans le dur des discussions», nous précise Delphine Colard.

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