LMB Aerospace : la vente du groupe français aux Américains au coeur des Questions au…

Photo of author

By InfoHunter


La vente de l’entreprise française LMB Aerospace à l’Américain Loar Group a été au cœur de la séance des Questions au gouvernement de ce mardi 3 février.

Un projet de vente qui ne passe pas. Trois députés (PS, RN, LR) ont interrogé, ce mardi 3 février, le ministre de l’Economie, Roland Lescure, et la ministre des Armées, Catherine Vautrin, sur la vente de l’entreprise française LMB Aerospace à l’Américain Loar Group.

La députée socialiste de Gironde, Marie Récalde, a été la première à se lancer dans l’arène, dénonçant un manque de garanties suffisantes dans cette vente. Par ailleurs, l’élue girondine s’est inquiétée de voir une nouvelle entreprise passée sous le giron américain.

«Nous assistons trop souvent avec impuissance au départ de pépites stratégiques de notre industrie, notamment dans le domaine de la défense et du spatial, faute d’investissements français et européens», a-t-elle regretté.

De son côté, le député RN du Vaucluse, Hervé de Lépinau, a déploré la décision de Roland Lescure d’autoriser cette vente malgré un avis contraire de la Direction générale de l’armement.

«Le groupe du Rassemblement national n’a eu de cesse de vous alerter sur la nécessité de renforcer le contrôle sur les investissements étrangers en France afin de préserver notre souveraineté industrielle», a-t-il détaillé, ajoutant : «l’Etat finance sa propre perte de contrôle et son abandon de souveraineté».

Également inquiet de cette vente, le député de la Droite républicaine, Jean-Louis Thiériot, s’est pour sa part adressé à la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

«Notre autonomie stratégique dépend de notre souveraineté industrielle, c’est pourquoi la vente de LMB Aerospace à une entreprise américaine interroge et pose des questions de sécurité nationale et de stratégies industrielles», a-t-il estimé.

Un siècle, quatre nationalités

Face à ces nombreuses critiques, le ministre de l’Economie a tenté, une nouvelle fois, de rassurer les députés, rappelant que s’il n’y avait pas eu de prise d’intéressement de la part de BPI France, des «conditions extrêmement strictes (ont été) imposées par l’Etat à l’acheteur».

Par ailleurs, Roland Lescure a tenu à préciser qu’une «action préférentielle donne plus de pouvoir à celui qui la détient par rapport à une participation forcément minoritaire».

«On n’a effectivement pas trouvé ni repreneur français, ni repreneur européen, et sincèrement je le regrette», a poursuivi le locataire de Bercy, précisant toutefois que la production serait maintenue en Corrèze.

Face aux reproches du député RN Hervé de Lépinau, le ministre des Finances a toutefois perdu son calme. «Vous cochez toutes les cases de la conspiration. Vous racontez absolument n’importe quoi (…) Plutôt que de jouer sur les peurs des Français, vous devriez reconnaître que nous avons fait plus que d’autres», a-t-il lancé à l’élu vauclusien.

De son côté, Catherine Vautrin a rappelé que LMB Aerospace avait été créée en 1917 et qu’en l’espace d’un siècle l’entreprise «a connu quatre nationalités» : belge puis française avant d’être américaine et enfin de redevenir française en 2012.

LMB Aerospace : la vente du groupe français aux Américains au coeur des Questions au...
Sur le même sujet
Vente de LMB Aerospace : «La macronie a des liens de soumission aux intérêts économiques américains», charge Jean-Philippe Tanguy
Lire

Par ailleurs, la ministre des Armées a indiqué qu’aucun «membre de LMB n’était accrédité secret défense» et qu’il n’y avait avec cette vente aucune question de sécurité nationale.

Laisser un commentaire