Cinq nourrissons ont été hospitalisés en France après avoir consommé des laits infantiles concernés par la récente vague de rappels. Il n’y a toutefois pas de lien direct établi, selon les autorités sanitaires.
Alors qu’un vaste rappel de laits infantiles est toujours en cours, les autorités sanitaires ont indiqué ce lundi 2 février que cinq nourrissons ont pour l’heure été hospitalisés en France après avoir consommé les produits visés. Elles rappellent toutefois qu’aucun lien direct n’est établi à ce stade.
A l’heure actuelle, aucun problème de santé n’a en effet été directement attribué à la consommation des laits impliqués, alors que le céréulide, la toxine à l’origine de ces rappels, peut causer des diarrhées et vomissements potentiellement dangereux chez un nouveau-né.
Les cinq nourrissons hospitalisés sont «tous ressortis aujourd’hui» selon le ministère de la Santé, qui précise que ces cas pourraient tous être expliqués par des gastro-entérites.
Communiqué | retraits et rappels de laits infantiles : la France abaisse le seuil pour la toxine céréulide afin de renforcer le dispositif de sécurité sanitaire ⤵️ https://t.co/wo2e3pD3kk
— Ministère Agriculture et Souveraineté alimentaire (@Agri_Gouv) January 31, 2026
«Ces chiffres n’intègrent pas les deux signalements de décès qui avaient été portés à connaissance antérieurement et qui font l’objet d’une enquête judiciaire actuelle», a précisé le ministère. Des investigations sanitaires sont également menées sur ces deux cas et, plus largement, une quarantaine de signalements ont été effectués aux agences régionales de santé (ARS) dans le cadre d’une surveillance.
Sur trente cas, «les laits consommés n’étaient pas des laits pour lesquels il y avait eu des retraits», ajoute le ministère, rappelant qu’«il y a beaucoup d’autres cas de gastro-entérites chez les nourrissons actuellement».
Parmi la dizaine de cas restants, le doute demeure pour six bébés quant à une consommation de lait retiré. Reste cinq bébés pour lesquels on est certains d’une consommation, même si les autorités rappellent que cela ne prouve aucun lien en l’état.
Des lots pas toujours retirés de la vente
En décembre, une première série de contrôles avait révélé qu’une trentaine de pharmacies n’avaient pas appliqué les mesures de retrait de lots de lait infantile. Selon le ministère de l’Agriculture, cela représentait 10% des officines contrôlées.
Une deuxième vague d’inspections a été lancée en janvier avec «un nombre de points de vente à contrôler beaucoup plus important», a-t-il ajouté. Elles montrent «encore ponctuellement des non-conformités sérieuses qui sont observées avec des produits non rappelés mais c’est en proportion beaucoup moins fréquent».
En France, ces rappels de laits infantiles ont d’abord été engagés mi-décembre par Nestlé, qui a ensuite été suivi par d’autres géants comme Danone et Lactalis, ainsi que de plus petits acteurs du marché. Mais le phénomène est bien plus large, puisque des procédures similaires ont été engagées dans plus de 60 pays.
Vendredi, le ministère de l’Agriculture a annoncé l’abaissement du seuil limite toléré pour cette toxine, à «0,014μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle», contre 0,03 μg par kilogramme de masse corporelle jusqu’ici.
Les scientifiques de l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, ont pris une décision similaire ce lundi, recommandant de diviser par deux le seuil autorisé dans le lait infantile pour cette toxine.
![Cabio Biotech est le principal fournisseur chinois de produits à base d’acide arachidonique (ARA), un ingrédient présumé à l’origine de la présence de la toxine dans le lait infantile rappelé. [WANG Zhao / AFP] Lait infantile : cinq bébés hospitalisés en France après avoir consommé des boîtes...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_hkg8765748-taille1200_697b46412da4b.jpg?h=5fdc4159&itok=nkSnnMLj)