Mobile Fortify, ImmigrationOS, Palantir… Autant d’outils dont dispose l’ICE pour mener à bien ses missions de lutte contre l’immigration illégale aux États-Unis, et notamment à Minneapolis. Le point sur ces technologies de pointe.
Derrière chaque opération, des lignes de codes et des contrats aux montants parfois faramineux. De la reconnaissance faciale à l’analyse massive de données personnelles, l’ICE, l’Immigration and Customs Enforcement, la police de l’immigration américaine, s’appuie de plus en plus sur la technologie pour interpeller et identifier des immigrés en situation irrégulière aux quatre coins des États-Unis. Elle dispose pour cela de plusieurs instruments.
Mobile Fortify
Dans leur panoplie, les agents de la police de l’immigration peuvent notamment compter sur Mobile Fortify.Cette application de reconnaissance faciale est ainsi capable d’analyser le visage d’un individu et de le comparer à une base de données de 200 millions d’images issues du FBI, du Département d’État et d’autres agences, explique par exemple 404 Media, site spécialiste de l’Internet et de l’actualité technologique.
L’application peut également effectuer des recherches croisées sur des véhicules, téléphones, adresses et même des armes à feu. L’outil est simple d’utilisation puisqu’il suffit aux agents de l’ICE de pointer leur téléphone vers le visage d’un suspect et de le prendre en photo (idéalement, en se plaçant à 1,20 mètre de celui-ci).
D’après un haut responsable, cité par le Wall Street Journal, Mobile Fortify aurait déjà été utilisé à ce jour plus de 100.000 fois sur le terrain, rendant d’autant plus rapide le processus d’arrestation.
Clearwiew AI
Dans la même veine, l’ICE utilise un autre outil capable de scanner cette fois l’iris des individus :Clearview AI. Fruit d’un contrat de 3,75 millions de dollars (3,17 millions d’euros) entre le gouvernement et l’entrepriseéponyme, il a notamment été utilisé dans le Minnesota, théâtre de la mort de Renee Good et Alex Pretti.
Reste que cette méthode d’identification est réputée moins fiable comparée aux traditionnelles empreintes digitales toujours largement utilisées pour vérifier une identité, souligne le site Biometric Update. Les responsables du Département de la Sécurité nationale en ont d’ailleurs conscience : un audit publié en février 2025 mettait en garde contre les faiblesses de cette technologie.
PALANTIR
A ces deux premiers outils s’ajoute Palantir. Fruit d’un contrat à 30 millions de dollars (quelque 25 millions d’euros) conclu avec Palantir Technologies, le dispositif consiste en une plate-forme centralisant et croisant des masses de données administratives et policières afin de repérer les migrants en situation irrégulière et d’identifier ceux qui préparent un retour volontaire dans leur pays d’origine.
Fondée en 2003, l’entreprise américaine, spécialisée dans l’analyse de données à grande échelle pour les services de sécurité et de renseignement, fournit déjà ses outils au Federal Bureau of Investigation (FBI), l’armée israélienne, la Direction générale de la Sécurité intérieure et donc l’ICE avec laquelle elle collabore depuis 2011.
IMMIGRATIONOS
D’ici au mois de septembre prochain, l’ICE devrait par ailleurs pouvoir s’appuyer sur un tout nouveau système de traitement des données baptisé ImmigrationOS, rapporte encore 404 media.
Ce logiciel est censé offrir une large palette d’outils pour vérifier en «temps réel» quels sont les immigrés qui décident de leur propre chef de quitter le territoire américain, gérer le flux des arrestations et des expulsions, et enfin identifier plus rapidement les cibles prioritaires des agents de la police américaine de l’immigration.
![Palantir collabore avec plusieurs armées, dont celle des Etats-Unis. [© REUTERS / Ricardo Arduengo] Etats-Unis : intelligence artificielle, reconnaissance faciale... Comment l'ICE utilise-t-elle...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/2025-09-25t192642z_1907405064_rc2zygadm1hf_rtrmadp_3_usa-military-puerto-rico-taille1200_68e62b9f3d21b.jpg?h=f692311e&itok=use8ZrqQ)