Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, Emmanuel Macron… L'ancien Premier ministre espagnol José Maria…

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By InfoHunter


Ancien chef de la droite en Espagne, au pouvoir entre 1996 et 2004, José María Aznar reste une personnalité politique influente. En exclusivité pour , le JDD et Europe 1, l’ancien président du gouvernement espagnol (équivalent du Premier ministre) livre ce dimanche son analyse de l’actualité internationale, mais aussi des troubles politiques que traversent la France.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus aujourd’hui pour les démocraties européennes ?

Je crois que la démocratie libérale est aujourd’hui en danger, elle a des ennemis extérieurs, que sont les autocraties dictatoriales, et elle a des ennemis domestiques internes, que sont les populismes. Les populismes de droite et de gauche.

Pedro Sánchez est un populiste, selon vous ?

Absolument. Pedro Sánchez est un populiste de type kirchnériste en Argentine, c’est-à-dire un populiste radical, qui antagonise, qui s’est allié avec le pire de la politique espagnole, avec les séparatistes catalans, avec les anciens terroristes au Pays basque, avec l’extrême gauche communiste, qui a organisé des schémas de corruption absolument intolérables et qui veut conditionner la libre expression de la société et le jeu institutionnel. C’est cela être un populisme dangereux pour la démocratie. Pedro Sánchez est un danger pour la démocratie.

Vous dites dans votre livre que le pogrom du 7-Octobre n’est pas seulement un fait géopolitique, mais une épreuve morale pour l’Europe et que l’Europe n’a pas su surmonter cette épreuve morale.Pourquoi ?

Parce qu’en Europe ont prévalu de vieilles attitudes antisémites et de vieux préjugés contre Israël. Israël a subi une attaque terroriste. Il a le droit de répondre à cette attaque terroriste. Autre chose est que ses frontières soient violées. Il a le droit de les défendre car sa souveraineté a été violée. Mais surtout, ce que je veux dire clairement, c’est qu’Israël est l’un des nôtres. Israël fait partie de notre vie, de notre histoire, de notre culture au Moyen-Orient. C’est notre démocratie au Moyen-Orient. Et donc toute action contre Israël, toute tentative d’éliminer Israël, que ce soit de la part du Hamas, de l’Iran, des alliés des Iraniens ou d’autres, est quelque chose qui va contre le coeur de l’Europe, contre les intérêts de l’Europe.

Et deuxièmement, l’Europe a une responsabilité politique, morale, historique envers Israël. Nous devons l’assumer. Mais les réactions qui se sont produites dans de nombreuses parties de l’Europe face à la situation à Gaza me paraissent absolument inacceptables. Il y a soixante ans, dans les années 1960, lors de la guerre des Six Jours, lors de la guerre du Kippour, la gauche européenne était pro-israélienne, parce qu’Israël était un pays socialiste avec une économie socialiste. Et alors la gauche avait beaucoup de sympathies pour ces expériences socialistes. Lorsque Israël cesse d’être une économie socialiste, surgissent de nouveau à gauche les emportements anti-israéliens et les emportements antisémites.

Aujourd’hui, l’extrême gauche est particulièrement antisémite, ce qui est totalement inacceptable.

Aujourd’hui, l’extrême gauche est particulièrement antisémite, ce qui est totalement inacceptable. Et monsieur Mélenchon a tenu des déclarations explicitement antisémites. Et je crois que la position de l’extrême gauche, justifiant des actions terroristes, justifiant l’usage du terrorisme, justifiant le sectarisme, justifiant le fondamentalisme, justifiant l’attaque contre nos valeurs et contre Israël, me paraît absolument, non seulement erronée, mais du point de vue politique et moral inacceptable. Toute personne qui adopte des comportements antisémites est un risque pour la démocratie.

Avec 16% d’opinion positive pour Emmanuel Macron quel est selon vous le futur du macronisme ?

Avec tout le respect pour le président de la République française, quelle était la proposition la plus importante de Macron sur le plan intérieur en France ? La réforme des retraites. C’est bien cela ? Qu’est-il arrivé ? A-t-elle été retirée cette reforme ? Eh bien voilà, vous avec votre réponse la réponse. Combien de Premiers ministres la France a-t-elle eus ces derniers temps ?

Selon votre point de vue, Pedro Sánchez, lié à l’extrême gauche, est un populiste. S’il se représente aux prochaines élections législatives, et qu’il existe une majorité alternative du Parti populaire (droite) et de Vox (nationalistes), les droites doivent-elles pactiser entre elles ?

Je crois que le plus important est que le pays a besoin de retrouver certains consensus de base que la gauche a rompus. Les consensus de la transition de 1978. Le pays a besoin d’une grande majorité nationale, d’une grande majorité sociale, à droite et à gauche, dont l’expression doit être le Parti populaire, mais qui est plus plurielle que le Parti populaire, dans laquelle on puisse affronter notre avenir, parce que nous devons faire beaucoup de choses. Si cela se fait par un accord raisonnable de principe, pourquoi n’organisons-nous pas une majorité nationale ? C’est ce qui est souhaitable. Est ce que cela pourra se produire ? Nous verrons. Je soutiens les positions du Parti populaire, qui disent qu’il n’y a pas de cordon sanitaire, sauf pour les anciens terroristes basques. Car on ne peut pas être partenaire du gouvernement de l’Espagne et prétendre participer raisonnablement à la politique espagnole lorsqu’on est associé à des personnes qui ont exercé le terrorisme et qui continuent d’être complices d’actions absolument anticonstitutionnelles.

Pour résumer, s’il y a un accord raisonnable entre le Parti populaire et Vox, ils gouverneront ensemble ?

Ce qui est le plus souhaitable, c’est une majorité nationale qui permette au Parti populaire de gouverner seul. À partir de ce moment-là, n’oublions pas que la politique est l’art du possible et du souhaitable. Les bons objectifs pour le pays sont ceux fixés par le Parti populaire. Mais il n’y a pas de cordon sanitaire entre Vox et le Parti Populaire. Je le répéte, il ne doit pas y avoir de cordon sanitaire, sauf pour les terroristes.

En France, je dis à la droite unissez-vous.

Selon vous, Il ne doit pas y avoir de cordon sanitaire entre le parti de Marine Le Pen et la droite ? C’est ce que soutient le président Sarkozy dans son livre, vous êtes d’accord avec lui ?

Nicolas Sarkozy est mon ami, et je pense qu’il présente très bien les choses. La différence cependant réside dans le fait qu’en Espagne le grand parti, c’est la droite, et le plus petit c’est Vox, en France, c’est exactement l’inverse. Je ne vais pas dire aux Français comment ils doivent faire. Mais, en France, je dis à la droite : unissez-vous. Je ne sais pas si c’est possible ou non. Apparemment ce n’est pas possible. Mais, peut-être serait-il possible de parvenir à des accords précis ? A des accords ponctuels ? Nous verrons ce qu’il se passera.

Nicolas Sarkozy est votre ami, comment analysez-vous le fait que les juges l’ont envoyé en prison ?

Je ne peux pas analyser la justice française, mais je peux souhaiter à Nicolas Sarkozy tout le meilleur pour l’avenir. Et je le fais avec grand plaisir.

Avez-vous écrit à Nicolas Sarkozy lorsqu’il était en prison ?

J’ai parlé avec lui, je lui ai envoyé de nombreux messages et nous sommes en contact.

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Dans deux mois, il y aura des élections municipales en France. Rachida Dati est la candidate des Républicains à Paris. Aimeriez-vous vivre dans une ville où Rachida Dati serait maire ?

Moi, j’aimerais vivre à Madrid.

Voulez-vous que Rachida Dati vienne à Madrid ?

J’aime Madrid, mais Paris semble être une ville merveilleuse et je souhaite le meilleur à la maire de Paris.

Rachida Dati serait-elle une bonne maire ?

Certainement que oui

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