La mortalité routière est repartie à la hausse en 2025, avec 3.260 tués dans l’Hexagone et 253 dans les Outre-mer, selon un bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) relayé ce vendredi.
Le nombre de personnes tuées sur les routes françaises repart à la hausse. Sous l’effet de nouveaux comportements à risque, dont le «gaz hilarant», la mortalité routière a augmenté entre 2025 avec 3.260 tués dans l’Hexagone et 253 dans les Outre-mer, selon un bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) relayé ce vendredi. La mortalité a ainsi subi une augmentation de 2,1% en France métropolitaine et de 6% dans les territoires ultramarins.
#Communiqué |
L’Observatoire national interministériel de la #SécuritéRoutière a publié les résultats du bilan provisoire de l’accidentalité routière 2025.
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Au total, ce sont «3.513 vies perdues» sur l’ensemble du territoire national, résume le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Le nombre de blessés graves, indicateur clé des séquelles à long terme, a aussi grimpé de 4% pour atteindre un total de 16.600 victimes.
Face à ces statistiques, la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a rappelé la dimension humaine du drame lors d’une conférence de presse : «Derrière les statistiques, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et des trajectoires stoppées nettes», a-t-elle déclaré, soulignant que la sécurité routière est «malheureusement un sujet de mort».
«Il y a urgence à agir» contre le protoxyde d’azote
Si les causes habituelles demeurent prépondérantes (alcool, stupéfiants, vitesse), les autorités s’alarment de l’apparition de facteurs inédits. La ministre a particulièrement ciblé «l’usage détourné» de substances comme «le protoxyde d’azote, qui constitue un danger immédiat sur la route».
«Il y a urgence à agir» contre cette pratique, a confirmé ce vendredi Laurent Nunez. «On appelait ça le gaz hilarant, c’était drôle, c’était marrant puis on s’est rendu compte que ça altérait quand même significativement le discernement».
«On est en train de préparer des dispositions législatives qui sont intégrées dans un projet de loi sur la sécurité du quotidien, qu’on discutera dans les semaines qui viennent et qui permettront de réprimer l’usage» de protoxyde, a ajouté le ministre de l’Intérieur.
Les délits de grande vitesse (plus de 50 km/h au-dessus de la limite) vont aussi faire l’objet d’une sévérité accrue, a prévenu Marie-Pierre Vedrenne.
Une explosion de la mortalité sur les trottinettes électriques
L’analyse précise des accidents mortels a révéler une «hécatombe» concernant les nouvelles mobilités comme les trottinettes électriques. La mortalité des utilisateurs de ces engins a explosé pour atteindre les 80 morts en 2025, soit 35 de plus qu’en 2024 (+77%).
Pour la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, cette hausse s’explique par une perception erronée du danger : «C’est un mode de déplacement qui est très prisé de la jeune population et qui a cette idée de jouet pas dangereux».
Elle a pointé des comportements illégaux devenus banals, notant qu’«on monte à deux dessus» ou qu’on utilise des écouteurs alors que «c’est totalement interdit». Elle a regretté par ailleurs que le port du casque ne se développe que «très peu» chez ces usagers.
Les cyclistes, eux aussi plus touchés avec un total de 234 morts recensés en 2025, soit 10 de plus qu’en 2024, sont appelés à une prise de conscience dans leurs interactions avec les piétons (501 tués). «Il faut aussi être dans une posture de partage de la route davantage que dans une posture conquérante», a averti Estelle Balit.
Des enfants mal attachés ou pas attachés
L’analyse démographique a mis en lumière une autre tendance alarmante : la hausse de la mortalité chez les mineurs, notamment les 0-13 ans avec 58 tués en 2025, soit 12 de plus que l’année précédente. Si ces enfants sont parfois piétons, «la plupart étaient passagers» de véhicules, a souligné Estelle Balit, mettant en cause le mauvais usage des dispositifs de retenue.
Outre les 13% de Français qui ne bouclent toujours pas leur ceinture, la déléguée a pointé une négligence parentale spécifique, «le fait de mal attacher ses enfants». «Avec la multiplication des sièges auto, beaucoup de parents pensent avoir bien attaché leur enfant. Or l’enfant est mal attaché».
Les données de l’ONISR confirment des déséquilibres structurels. Les hommes restent largement surreprésentés dans l’accidentalité, comptant pour 77% des tués. Et la mortalité augmente sur les routes hors agglomération (+57 tués) et les autoroutes (+24) tandis qu’elle recule en ville (-14).
Face à ce bilan «moins bon», le gouvernement a promis un renforcement des contrôles. Mais pour Estelle Balit, la clé réside dans une «prise de conscience encore une fois collective et individuelle» face à des drames évitables : «La route, c’est pas un endroit où on doit mourir».
![Randal Kolo Muani et Wilson Odobert se rendaient à l'aéroport au moment de l'accident. [PA Images / Icon Sport] Randal Kolo Muani et Wilson Odobert se rendaient à l'aéroport au moment de l'accident.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/football_ligue_des_champions_accident_randal_kolo_muani_wilson_odobert_6979dfdfb8065.jpg?h=f3063c1d&itok=yoqK2RqW)