L’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé ce jeudi, sous la pression des États-Unis, une réforme de sa loi sur les hydrocarbures, laquelle prévoit d’ouvrir l’exploitation pétrolière au secteur privé.
Le pays bolivarien ouvre la porte à l’investissement étranger. Ce jeudi 29 janvier, l’Assemblée nationale du Venezuela a approuvé en seconde lecture une réforme de sa loi sur les hydrocarbures. Celle-ci doit permettre la signature de contrats plus avantageux pour les entreprises en ouvrant le secteur privé et en réduisant les impôts.
«Adoptée à l’unanimité, en conséquence, la réforme de la loi organique des hydrocarbures est ainsi promulguée pour l’Histoire, pour l’avenir, pour nos filles et nos fils», s’est réjoui le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez. Ce dernier n’est autre que le frère de Delcy Rodriguez, la présidente par intérim qui a succédé à Nicolás Maduro après sa capture.
«Je félicite les travailleurs du secteur pétrolier qui vont mettre en œuvre les éléments les plus importants de cette réforme de la loi. (…) Nous devons construire ensemble, indépendamment de la manière dont nous concevons la prospérité de notre république», a salué Jorge Rodriguez.
Un modèle pétrolier bouleversé
Cet événement survient quelques semaines seulement après l’opération militaire américaine ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Selon de nombreux analystes, cette loi a été rédigée sous la pression des États-Unis. Elle bouleverse en profondeur le modèle pétrolier d’inspiration socialiste hérité de l’ancien président Hugo Chavez, décédé en 2013.
Jusqu’ici, l’exploitation pétrolière était en effet l’apanage de l’État ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’État détenait la majorité. L’activité des acteurs privés était limitée. La réforme de la loi par le gouvernement d’Hugo Chavez, en 2006, imposait notamment une participation majoritaire du public dans toutes les entreprises, et fixait des impôts élevés tout en confiant la distribution à l’État.
La nouvelle version de la loi hydrocarbures autorise désormais la signature de contrats qui permettent aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production, et ce, sans participation de l’État. Quant aux différents impôts, ils seront remplacés par une contribution unique maximale de 15% et des redevances maximales de 30% des revenus bruts.
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