L’Union européenne a dévoilé jeudi 29 janvier les grandes lignes de sa future politique migratoire. Derrière une stratégie de durcissement, les États membres souhaitentavant tout augmenter les expulsions des déboutés du droit d’asile.
L’Union européenne entend serrer la vis. Ce jeudi, les Etats membres ont dévoilé la nouvelle politique migratoire, appelée à guider le Continent pour les cinq prochaines années.
Si le nombre d’entrées irrégulières sur le sol européen a chuté de 25%, selon les chiffres publiés le 15 janvier par l’agence de garde-frontières Frontex, l’UE assure vouloir aller plus loin.
Principal architecte de ce tournant migratoire, le commissaire européen Magnus Brunner, a détaillé les contours de cette nouvelle politique.
«La priorité est claire : réduire le nombre d’arrivées illégales et les maintenir à un faible niveau», a-t-il assuré.
ouvrir des centres en dehors de l’UE
Dans les grandes largeurs, Bruxelles souhaite parallèlement et dans un premier temps augmenter les expulsions des déboutés du droit d’asile et refonder le système de visas.
«C’est un de nos leviers les plus puissants», note auprès de l’AFP une source au sein de l’exécutif européen qui espère sanctionner plus facilement les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants.
Ces mesures permettraient notamment : d’ouvrir des centres en dehors des frontières de l’UE pour y envoyer les migrants dont la demande d’asile aurait été rejetée, appelés «hubs de retour» ; de sanctionner plus durement ceux qui refusent de quitter le territoire européen, via des périodes de détention plus longues ; de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires mais que l’Europe considère comme «sûrs».
La France et l’Espagne à contre-courant
Sous l’impulsion du Danemark, qui défend de longue date ce durcissement migratoire, les États membres ont avancé au pas de charge dans leur examen des mesures. Il existe de fait une «volonté politique largement partagée» parmi les Vingt-Sept pour valider ces propositions, affirme un diplomate.
Parmi les rares sceptiques : la France, qui s’interroge sur la légalité et l’efficacité de certaines de ces mesures. Si le gouvernement tâtonne, les Français sont eux plus unanimes.
Selon un sondage de l’Institut CSA pour , le JDD et Europe1, paru mercredi 28 janvier, 67% des Français sont favorables à une suspension de l’immigration en France pendant deux ou trois ans, comme l’a suggéré Gérald Darmanin.
L’Espagne ne semble pas convaincue, elle aussi, par les «hubs de retour», déjà expérimentés mais sans réel succès jusqu’à présent.
C’est cette même Espagne, par la voix du Premier ministre Pedro Sanchez, qui a présenté mardi 27 janvier un projet de décret visant à accélérer la régularisation de près d’un demi-million de sans-papiers afin de faciliter leur intégration.
Nouveau système de répartition
Les Vingt-Sept se sont par ailleurs accordés début décembre sur un nouveau système de répartition des demandeurs d’asile en Europe.
Afin de soulager les pays se situant le long des routes migratoires, comme la Grèce et l’Italie, l’UE exigera bientôt que les autres États membres relocalisent des demandeurs d’asile sur leur sol. Ou versent, à défaut, une contribution financière de 20.000 euros par demandeur d’asile aux pays sous pression.
![Gérald Darmanin a évoqué cette suspension temporaire de l'immigration le 25 janvier dernier. [© Bertrand LANGLOIS/AFP] Hausse des expulsions, refonte des visas... L'UE entend engager une politique migratoire plus...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_par7793194_2_6979e749e0ea0.jpg?h=81366665&itok=jH9okLdq)