Violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire : le phénomène apparaît dès l'école…

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By InfoHunter


Le gouvernement a pour la première fois révélé ce mercredi les chiffres officiels des violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Ils montrent que tous les enfants y sont confrontés, avec une exposition plus marquée des filles à l’adolescence.

Les violences sexistes et sexuelles dans les écoles évaluées. Pour la première fois, le gouvernement a publié ce mercredi 28 janvier les chiffres à ce sujet. Elles montrent que filles comme garçons sont confrontés à ces violences dès l’école élémentaire, avant que le phénomène ne s’intensifie à l’adolescence, visant surtout les jeunes filles.

D’après les données recueillies par l’Observatoire national des violences faites aux femmes et la DEPP, le service statistique du ministère de l’Education nationale, 15% des élèves de CM1-CM2 déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes et 8% d’entre eux disent avoir été embrassés de force au moins une fois au cours de l’année scolaire.

A cet âge-là, filles et garçons sont donc touchés par les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire dans des proportions similaires. Au collège, 15% des premières et 12% des seconds déclarent avoir été exposées à au moins une forme de violence sexuelle.

«Ces faits ne sont donc en rien des faits isolés, ils touchent tous les élèves, filles comme garçons, à tous les âges et dans tous les établissements qu’ils soient publics ou privés sous contrat», note le gouvernement.

L’écart se creuse véritablement au moment de l’adolescence. Au lycée, les filles sont «très largement sur-représentées parmi les victimes» et font part d’un sentiment d’insécurité plus marqué que les garçons, notamment aux abords des établissements scolaires et dans les transports.

A tel point qu’une lycéenne sur 10 affirme s’être déjà absentée au moins une fois de son établissement au cours de l’année scolaire, par peur d’être agressée. Un chiffre qui montre que ces violences ont un impact direct sur la scolarité.

Le rôle des réseaux sociaux

Les adolescents sont aussi exposés en ligne puisque plus de 130.000 d’entre eux ont visionné contre leur gré des contenus sexuels sur Internet. Près d’un tiers des collégiennes (30,6 %) et plus d’un quart des collégiens (26,2 %) déclarent par ailleurs avoir été victimes de cyberviolence.

Le gouvernement identifie les réseaux sociaux comme «un puissant facteur d’amplification» des violences sexistes et sexuelles car ils «contribuent à la propagation de discours et de croyances qui remettent en cause l’égalité entre les femmes et les hommes et alimentent des comportements violents, en particulier à l’encontre des filles».

Dans la nuit de lundi à mardi, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté en première lecture une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Elle doit encore être examinée par le Sénat mais, si elle venait à être adoptée définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d’une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l’Australie.

L’école a elle aussi un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Le gouvernement compte notamment sur le déploiement des programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, pour «faire du consentement une valeur fondamentale».

«Trois mesures concrètes»

Selon Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale, le fait «d’objectiver les violences sexistes et sexuelles» au travers de ces chiffres officiels revient à «se donner les moyens de mieux les prévenir et de mieux protéger les victimes».

Sur X, il a fait part de trois «mesures concrètes» à mettre en place pour renforcer l’action du gouvernement contre ces atteintes en milieu scolaire. Il dit d’abord souhaiter que l’ensemble des personnels de l’Education nationale «fasse l’objet de nouvelles vérifications tous les 3 ou 5 ans, au-delà de celles faite à l’embauche».

Ensuite, le ministre fait part de sa volonté de nommer auprès de la médiatrice de l’Education nationale, un défenseur des droits des enfants à l’école. «Il permettra à chacun de signaler une prise en charge insatisfaisante d’une situation, qu’il s’agisse du temps scolaire ou périscolaire, et d’émettre des propositions d’amélioration à l’institution en toute indépendance».

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Enfin, Edouard Geffray a annoncé la publication, dès la semaine prochaine, d’un «guide national pour que chaque signalement soit traité de manière homogène et standardisée dans les écoles, les collèges et les lycées».

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