Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a rendu ce mardi sa décision dans l’affaire de l’ancien professeur d’EPS du collège François-Mugnier à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie). Il était poursuivi pour homicide involontaire, il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis.
Six ans après la mort de Baptistequi avait fait un malaise pendant un cours alors qu’il était dispensé de sport pour raisons médicales, le tribunalcorrectionnel de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a rendu sa décision ce mardi 27 janvier.
Le professeur d’EPS du jeune homme poursuivi pour «homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou les règlements», a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et une amende de 5.000 euros.
Deux ans de prison avaient été requis en novembre dernier par le procureur à l’encontre du quinquagénaire, dénonçant une faute «caractérisée» du prévenu.
Le jeune Baptiste, qui allait avoir 13 ans et souffrait depuis sa petite enfance d’un problème d’hypertrophie du myocarde, avait été pris d’un malaise le 1er décembre 2020 lors d’une épreuve d’endurance en course à pied dans son collège de Bons-en-Chablais.
Il était décédé le lendemain à l’hôpital de Genève où il avait été évacué. Pourtant dispensé de sport pour raisons médicales, le jeune homme avait effectué des tours de piste en courant avec ses camarades, rapportait l’enquête.
l’enseignant désormais muté
Jugé le 25 novembre dernier, l’enseignant avait affirmé à la barre ne pas avoir eu connaissance du certificat d’inaptitude lié à la cardiomyopathie hypertrophique de l’adolescent, une version soutenue par sa défense.Le professeur a aussi critiqué l’«interface complexe» du logiciel Pronote utilisé dans l’Éducation nationale, expliquant que le certificat médical de l’enfant n’y était pas visible.
Se déclarant «marqué à vie» par le drame, il a indiqué avoir été muté et ne plus travailler au contact des enfants. Son avocate, Mathilde Reboux, a rejeté la notion de «faute caractérisée» et qualifié son client de «coupable idéal» et de «bouc émissaire».
De son côté, l’avocat de la famille de la victime, Hervé Gerbi, avait estimé que «c’est toute la chaîne de responsabilité au sein de cet établissement scolaire qui a failli», précisantque l’établissement scolaire avait été dès l’année précédente et à plusieurs reprises informé des problèmes de santé de l’enfant.
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