Soumission chimique : l'ex-sénateur Joël Guerriau jugé ce lundi

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By InfoHunter


Le procès de Joël Guerriau devant le tribunal correctionnel de Paris s’ouvre aujourd’hui, lundi 26 janvier. Pendant deux jours, l’ex-sénateur de Loire-Atlantique sera jugé, accusé d’avoir drogué à l’ecstasy la députée Sandrine Josso dans l’objectif de la violer.

Sandrine Josso est devenue malgré elle la porte-voix du combat contre la soumission chimique. Le début de cet engagement remonte à cette soirée du 14 novembre 2023 au cours de laquelle elle aurait été droguée par son ami, l’ex-sénateur Joël Guerriau.

Invitée à dîner dans l’appartement de l’élu de Loire-Atlantique, celui-ci aurait offert à Sandrine Josso, dès son arrivée, une coupe de champagne qu’il aurait pris soin de préparer dans la cuisine. Dès les premières gorgées, la députée dit avoir noter le goût étrange du champagne. Au fil de la soirée, elle finit par ressentir des symptômes bizarres : palpitations cardiaques, bouffées de chaleur ou de froid, nausées, tremblements. Il est 22 h quand elle quitte précipitamment le domicile de son hôte dans un état de grande détresse.

Transportée à l’hôpital, les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication de son corps à l’ecstasy, avec une présence de MDMA à hauteur de 388 nanogrammes par millilitre de sang. Une concentration très nettement supérieure à une prise «récréative» de cette drogue euphorisante. La victime considère qu’en la droguant, Joël Guerriau avait l’intention de la violer pour «assouvir une pulsion, un fantasme».

L’accusé nie la motivation sexuelle

L’interpellation, dès le lendemain des faits, de l’ex-sénateur marque le début d’un épisode judiciaire. Le prochain acte se joue aujourd’hui et jusqu’à mardi devant la 10ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris, où il sera jugé pour avoir drogué sa collègue afin de la violer. Depuis le début de l’affaire, Joël Guerriau dément formellement avoir tenté de droguer la députée afin de pouvoir l’agresser. Il argue d’un «acte d’inadvertance» de sa part.

Si le sénateur n’a effectué aucun geste à caractère sexuel durant la soirée, les juges d’instruction ont estimé que le «cadre à tout le moins intimiste» du tête-à-tête et ses recherches sur Internet, quelques semaines avant les faits, sur la drogue et le viol étaient suffisants pour qu’il soit jugé de ce chef devant le tribunal. L’ancien élu, qui a démissionné du palais du Luxembourg, encourt cinq ans d’emprisonnement.

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Ce procès va une nouvelle fois braquer les projecteurs sur la soumission chimique, largement mis en avant lors du procès des viols de Mazan. Sandrine Josso, toujours affectée par cette soirée du 14 novembre, a décidé de s’engager pour les victimes silencieuses de ce fléau. Quelques semaines après sa plainte, elle devient marraine de l’association M’endors pas, cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot. Parallèlement, elle s’est vu confier par Gabriel Attal, alors Premier ministre, une mission sur «la soumission chimique comme forme de violence faite aux femmes».

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