Quatre des huit personnes condamnées en première instance pour l’assasinat de Samuel Paty ont choisi de faire appel. Le nouveau procès s’ouvre ce lundi 26 janvier tandis que la famille de l’enseignant espère que «les faits soient reconnus et que chaque étape de l’engrenage soit jugée».
Ils vont de nouveau faire face à la justice. Sur les huit personnes condamnées en première instance pour l’assassinat du professeur Samuel Paty en octobre 2020, quatre ont fait appel et seront rejugées à partir de ce lundi 26 janvier par la cour d’assises d’appel spéciale de Paris. Le procès en appel doit se tenir jusqu’au 27 février.
Sur le banc des accusés, Naïm Boudaoud, 24 ans, qui avait notamment conduit le terroriste et assassin de Samuel Paty à proximité du collège de Conflans-Saint-Honorine. La veille du crime, il l’avait aussi accompagné pour acheter un couteau en présence d’Azim Epsirkanov, 25 ans, un autre ami d’enfance du terroriste qui a lui aussi fait appel. Tous les deux avaient été condamnés à seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste.
Avec eux, Brahim Chnina, 54 ans, le père de la collégienne qui avait menti sur sa présence au cours durant lequel une caricature de Mahomet avait été présenté. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’homme avait appelé à s’en prendre au professeur de 47 ans. Il est aussi entré en contact avec l’assassin et l’a appelé neuf fois entre le 9 et le 13 octobre. Le père de famille a écopé de treize ans de réclusion criminelle.
Le dernier accusé, Abdelhakim Sefrioui, est un militant islamiste de 66 ans. Lui aussi avait diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux qui avait fait exploser la situation et amplifié le danger sur Samuel Paty, selon l’accusation. Les juges l’avaient condamné à quinze ans de réclusion criminelle.
La justice sera-t-elle ferme ?
À ce nouveau procès, les conseils de Brahim Chnina, maîtres Franck Berton et Louise Tort attendent que le rôle de leur client «soit ramené à sa juste place». «Il n’a jamais participé à la moindre entreprise terroriste». «C’est le procès de la dernière chance pour Abdelhakim Sefrioui», commente un de ses avocats, Me Vincent Brengarth.
«On ne comprend pas pourquoi la juridiction de première instance n’a pas tiré les conséquences de la réalité factuelle de ce dossier, à savoir qu’ Abdelhakim Sefrioui ne connaissait pas Anzorov, et que rien ne le relie, directement ou indirectement, au crime de ce dernier», explique-t-il. Les avocats ont demandé que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti soient cités comme témoins, pour les entendre «sur les défaillances qui ont conduit à l’assassinat».
Pour Mes Hiba Rizkallah et Martin Méchin, avocats de Naïm Boudaoud, ce dernier «a été condamné sur le fondement d’interprétations fragiles et hasardeuses, sans aucune preuve d’une intention criminelle». Ils appellent la cour d’assises d’appel à ne «céder ni à l’émotion, ni aux pressions populaire et médiatique».
La famille espere que «les faits soient reconnus»
À l’issu du premier procès entre novembre et décembre 2024, les juges, en première instance, ont prononcé des peines bien plus fortes que ce que le parquet avait requis.
L’enjeu principal de ce nouveau procès est de voir si la justice sera à nouveau capable de condamner fortement les accusés.
Le comportement des accusés va également être scruté : sont-ils prêts à reconnaître leur implication ?
De son côté, la famille de l’enseignant espère une «confirmation du jugement sur le principe, au niveau des qualifications et des peines» et que «les faits soient reconnus et que chaque étape de l’engrenage soit jugée».
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