François Ruffin a annoncé, ce jeudi, sa volonté de marcher sur les pas de Franklin D. Roosevelt en termes d’initiatives culturelles. Le député écologiste a lancé l’idée d’un «Puy du Fou de gauche», provoquant l’étonnement de Nicolas de Villiers. Le parc à thème n’est «ni de gauche ni de droite», a martelé son président ce samedi.
Les automates musiciens du Puy du Fou ont-ils une idéologie politique ? C’est ce qu’a semblé expliquer François Ruffin aux Biennales internationales du spectacle de Nantes, ce jeudi 22 janvier. En déplacement pour apporter son soutien à la maire PS Johanna Rolland pour les prochaines élections municipales, le réalisateur de «Merci Patron !» en a profité pour déplorer l’absence «d’un discours politique sur la culture», appelant à la création d’un «Puy du Fou de gauche» qui permettrait aux Français de «trouver un horizon commun».
Un argument pas étranger à Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, qui a toutefois rappelé au micro d’Eliot Deval ce samedi 24 janvier sur les ondes d’Europe 1, que le parc d’attractions était «universel».
Il nous faut un Puy du Fou de gauche.
Oui, un spectacle, comme la cérémonie des JO, qui porte un récit national. Avec nos pages sombres, mais aussi nos lumières, et dont nous sommes fiers.
Notre pays est en dépression. Nous ne le relèverons pas seulement par les fiches de paie,… pic.twitter.com/5iJCAjPGtZ— François Ruffin (@Francois_Ruffin) January 22, 2026
Le «récit national» véhiculé au Puy du Fou pointé par le député de la Somme
«Un tas de gens de gauche vont avec leurs gamins» visiter le complexe de loisirs des Épesses, en Vendée, a reconnu le fondateur du journal Fakir. Mais le «récit national» véhiculé au Puy du Fou, qui s’éloignerait parfois, selon lui, de la véritable histoire de la France, «rentre dans leurs esprits». «Je veux qu’on ait notre récit qui traite de l’esclavage, qui traite de nos pages sombres et de nos pages de lumière», a revendiqué l’ancien membre de La France insoumise.
Il a estimé que dans un moment comme celui de la crise politique que traverse la France depuis juin 2024, lorsqu’Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, «la culture est un moyen qu’on a pour remettre de l’air et remettre de l’imaginaire».
Il a pris ainsi l’exemple de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, qui s’est déroulée en juillet 2024 sur la Seine, pour ce qui pourrait être un «Puy du Fou de gauche». À ses yeux, l’événement a été un véritable «moment de fierté, de construction et de reconstruction de la communauté nationale», mais qui n’a «malheureusement» duré qu’un été.
Ambitieux, François Ruffin a avoué sa volonté de s’inspirer de la politique culturelle de l’ancien président américain Franklin D. Roosevelt. Lors de la Grande Dépression aux États-Unis en 1929, le chef d’État avait alors envoyé des «acteurs, professionnels du cinéma et autres musiciens partout dans le pays pour faire des fresques, remettre de l’air et de l’imaginaire», a-t-il salué. Une situation dont aurait bien besoin la France, qui, selon le député écologiste de la Somme, est «en dépression». «Nous ne relèverons pas seulement le pays par les fiches de paie, par de grands travaux, mais surtout par un horizon commun», a-t-il martelé.
Les «guérisseurs» d’une France «en dépression»
Des propos analysés avec attention par le président du Puy du Fou, Nicolas de Villiers. Invité de l’émission «Eliot Deval et vous» au micro d’Europe 1 ce samedi, le second fils de l’ancien ministre Philippe de Villiers a répondu à François Ruffin. «Il le dit très bien dans son discours, nous avons besoin de souvenirs communs», a-t-il d’abord reconnu, avant de nuancer les déclarations de l’ancien rédacteur en chef de Fakir.
«Dans une famille, il n’y a pas de souvenirs familiaux si l’on passe son temps à parler des querelles qui ont pu exister dans le passé», a souligné Nicolas de Villiers. «Nous sommes des guérisseurs», a-t-il ainsi avancé, avant d’ajouter : «Nous cherchons à unir, à unifier là où, précisément, monsieur Ruffin citait la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, un événement qui divise», a déploré le président du parc à thème, en référence à une scène controversée du «banquet de Bacchus», pour laquelle Philippe Katerine est apparu quasiment nu.
«Je crois que le rôle de l’artiste, c’est précisément de guérir les plaies, les blessures, par la lumière. De transformer ces douleurs anciennes en lumière, en montrant les pages glorieuses. Donc, il faut considérer que le succès du Puy du Fou est seulement le fait de cette célébration d’un passé commun, d’un patrimoine commun qui peut faire notre fierté à tous, d’où que nous venions et qui que nous soyons», a conclu Nicolas de Villiers.
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