L’humoriste Djimo a été mis en examen pour viol, après la plainte d’une comédienne en 2023 dénonçant des faits remontant à l’été 2015, a indiqué ce vendredi le parquet de Bobigny.
Une avancée majeure dans la procédure. Visé par une plainte pour viol depuis 2023, l’humoriste Djimo a été mis en examen, a indiqué ce vendredi 23 janvier le parquet de Bobigny.
L’avocate Agathe Sourty a salué «une avancée procédurale majeure» pour sa cliente, Elise Vigné, 31 ans, qui «a énormément souffert et subit une vague de haine sur les réseaux sociaux parce qu’elle prend courageusement la parole».
La jeune femme avait déposé plainte le 27 mars 2023, pour des faits survenus fin août-début septembre 2015, quand elle avait 21 ans et travaillait comme régisseuse au Paname, un comedy club à Paris.
Selon son récit, au moment des faits, elle avait invité à son domicile les humoristes Djimo et Lenny M’Bunga, après avoir passé avec eux une soirée durant laquelle ils avaient bu de l’alcool et avaient été recalés ensemble à l’entrée d’une boîte de nuit.
Une prise de conscience
Elle a expliqué avoir d’abord eu un rapport «consenti» avec Lenny M’Bunga, qui serait sorti de la chambre. Puis, à la faveur de l’obscurité, Djimo se serait glissé dans le lit et l’aurait pénétrée. Elle avait alors protesté en disant «Lenny, arrête Lenny !»
«Pour moi, c’était Lenny qui était revenu. Je n’ai su qu’après que c’était Djimo», a expliqué ce vendredi à l’AFP la plaignante. Elle dit n’avoir pris clairement conscience d’avoir subi un viol que plus tard, en apprenant par un autre humoriste que Lenny avait fait un sketch évoquant l’histoire de deux hommes qui échangent leur rôle, à l’insu d’une fille.
«J’avais essayé de déposer plainte en 2015 mais on n’avait pas accepté ma plainte au commissariat de Montreuil (Seine-Saint-Denis), les policiers me disaient que ce n’était pas un viol avec violence, que mon histoire n’était pas si importante», a assuré à l’AFP Elise Vigné.
«Un jour, (…), j’ai décidé de déposer plainte, quand je l’ai senti et quand j’en ai eu marre de voir que mon père riait à ses blagues (de Djimo) à la télé. MeToo était passé par là, je me disais qu’il y aurait certainement quelqu’un pour m’écouter dans un commissariat et ça a été traité par des femmes charmantes qui ont pris au sérieux ma plainte», a-t-elle ajouté.
Djimo clame son innocence
Djimo, stand-uppeur de 35 ans originaire de Limoges, avait intégré en 2017 la troupe du Jamel Comedy Club, avant de se faire plus largement connaître, notamment par le sketch «J’aurais kiffé d’être une tortue».
Ses avocats, Me Marc Bailly et Me Gabriel Dumenil, ont rappelé qu’à l’issue de l’enquête débutée en 2023, leur client n’avait pas été mis en examen mais placé sous le statut plus favorable de témoin assisté. Ils contestent sa récente mise en examen, le 15 janvier, plus de dix ans après les faits, qui ne repose selon eux «sur aucun élément nouveau».
«Djimo reste combatif et usera de toute voie de droit nécessaire pour faire reconnaître son innocence», ont-ils assuré.
De son côté, Lenny M’Bunga, est «depuis le début placé sous le statut de témoin assisté», a confirmé son avocat, Me Romain Dieudonné, faisant valoir que «ni la justice ni la plaignante ne lui reprochent aujourd’hui la moindre infraction».
![Les deux suspects sont toujours en détention provisoire. [© CNEWS ] Agression sexuelle : l'humoriste Djimo mis en examen pour viol](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/les_aveux_de_l_adolescent_qui_a_tue_elias_a_paris_67aeefc32d386-taille1200_69735a6b63d99.jpg?itok=u5GNSPME)