Fin de vie : les sénateurs s'opposent à toute forme d'aide à mourir

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By InfoHunter


Le Sénat a confirmé ce mercredi ses très grandes réticences face à la création d’un droit à l’aide à mourir en rejetant l’un des articles centraux d’une proposition de loi sur la fin de vie, vidant le texte de sa substance au deuxième jour des débats.

«Un triste soir». En supprimant l’un des articles majeurs de la proposition de loi sur la fin de vie, le Sénat a, ce mercredi 21 janvier, largement amputé le texte lors du deuxième jour des débats. Ce vote illustre les fortes réserves de la Haute Assemblée à l’égard de la création d’un droit à l’aide à mourir.

L’article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie a été supprimé à 144 voix contre 123 par la chambre haute, rendant quasiment inutile la suite de l’examen de cette réforme sociétale d’ampleur dans cet hémicycle.

144 voix contre 123

«Tout le texte est vidé de sens aujourd’hui car la clé de voûte de ce texte est tombée», a regretté le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Philippe Mouiller (Les Républicains), regrettant ce vote.

«C’est un triste soir pour le Sénat que nous vivons collectivement», s’est désolé le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner. «Le Sénat a fait de ce texte une forme d’agonie politique. Nous sommes en train de ridiculiser la Haute assemblée sur un sujet essentiel pour les Français», a-t-il ajouté, attaquant la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes, particulièrement divisée sur cette réforme.

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«On ne peut pas demander à des sénateurs qui sont opposés à l’euthanasie et au suicide assisté de voter pour un article comme (celui-là). C’est impossible. C’est tout», a rétorqué le centriste Loïc Hervé.

L’amendement déposé par des sénateurs dont certains proches du patron des Républicains Bruno Retailleau a remplacé cette assistance médicale à mourir par un «droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance». Les débats se sont poursuivis dans la soirée malgré l’absence dans le texte d’un dispositif d’aide à mourir.

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