L’enquête après la collision de deux trains en Espagne ce dimanche avance. De nouvelles accusations mettent à mal les chemins de fer espagnols. En cause, la vétusté d’installations laissées à l’abandon mais aussi celle des trains.
Un drame sans précédent. Après la collision entre deux trains en Espagne dimanche 18 janvier faisant au moins 43 morts, la Comisión de Investigación de Accidentes Ferroviarios (CIAF) a ouvert une enquête pour connaître les causes de l’accident.
Selon les premiers éléments, le train Iryo aurait déraillé. D’après les informations du média El Español, l’ADIF (établissement public espagnol chargé de gérer le réseau ferroviaire national) avait signalé une rupture du rail, mais n’aurait rien fait depuis plusieurs années pour régler le problème. Toutefois, l’état du train serait lui aussi en cause, laissant ouvert deux hypothèses quant à la responsabilité de ce drame. Car si les premiers éléments de l’enquête laissaient entrevoir une défaillance de la voie, celle du train n’est pas écartée, rapportent les médias espagnols ce mercredi.
Des trains mis en cause, mais des rails qui quesitonnent
Le train Iryo, qui relie Malaga à Madrid, aurait déraillé dimanche et traversé la voie opposée avant d’entrer en collision une vingtaine de secondes plus tard avec le train Renfe, chargé de relier Madrid et Huelva.
Les roues des cinq premières voitures du train Iryo qui ont circulé avant le déraillement présentaient des marques inhabituelles, dont certaines sont aussi petites qu’une pièce de monnaie.
«Les bogies [chariot situé sous un wagon, NDLR] des cinq premières voitures d’Iryo présentent une marque, et il est possible que les deux ou trois trains qui les ont précédés présentent des marques similaires. La question est maintenant de savoir pourquoi ces marques sont apparues», a assuré le ministre des Transports en Espagne, Óscar Puente Santiago.
Mais selon les informations d’El Español, des rapports d’ADIF indiquent des limitations de vitesse temporaires à respecter, sur des zones où les rails ont des problèmes.
Une alerte aurait notamment signalé une rupture de rail à l’aiguillage 726, permettant d’aller vers Malaga, dont un élément conçu pour empêcher les déraillements. Cette rupture serait située à une quarantaine de kilomètres du lieu de l’accident.
Des problèmes qui auraient été signalés il y a plus d’un an
L’ADIF (Administrador de infraestructuras ferroviarias) aurait alors restreint la vitesse de circulation à 30 km/h sur cette zone, mais ne l’aurait pas limitée sur la longue ligne droite où s’est produit le drame, où la vitesse habituelle est de 220 km/h. D’après les experts, les rails sur le lieu de l’accident étaient probablement confrontés au même problème.
Ces alertes de l’ADIF seraient envoyées chaque lundi sur une application et resteraient donc en vigueur pendant une semaine. Selon les syndicats de conducteurs de trains interrogés par El Español, certaines de ces ruptures existeraient depuis plus d’un an et ADIF ne les aurait jamais réparées.
Pourtant, la section où l’accident s’est produit, comme le reste de la ligne, a été rénovée entre 2022 et mai 2025. Un investissement d’environ 700 millions d’euros. Enfin, depuis deux ans, des irrégularités sur la chaussée auraient été également signalées par les conducteurs de train.
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