À Strasbourg, les députés européens ont voté ce mercredi 21 janvier en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, afin de vérifier la légalité de l’accord entre l’UE et le Mercosur. De nombreux agriculteurs, présents devant le Parlement pour manifester contre le traité, ont éclaté de joie après l’annonce.
«La France assume de dire non quand il le faut», a salué, triomphant, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot. Ce mercredi, au cours d’un vote décisif dans le cadre de la signature «historique» du traité commercial entre l’UE et les pays du Mercosur, le Parlement européen a voté en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Cette dernière doit désormais vérifier la légalité de l’accord entre les 27 et le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, qui crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde.
Si, après plus de vingt-cinq ans de négociations, la France, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie et l’Autriche étaient toujours opposés à la signature de l’accord, samedi 17 janvier dernier, au Paraguay, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, signaient à Asunción le traité de libre-échange. Il réunit un bloc de 720 millions d’habitants et environ 30% du PIB mondial. Mais ce mercredi à Strasbourg, les eurodéputés ont soutenu ce recours en justice avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.
La France nargue ses voisins
Le Parlement européen «s’est exprimé en cohérence avec la position de la France», a réagi Jean-Noël Barrot après le vote des eurodéputés. «La France assume de dire non quand il le faut, et souvent l’Histoire lui donne raison», a-t-il souligné sur le réseau social X. «Le combat continue pour protéger notre agriculture et garantir notre souveraineté alimentaire», a-t-il conclu.
En renvoyant l’accord Mercosur devant la Cour de Justice de l’Union européenne, le Parlement européen s’est exprimé en cohérence avec la position que nous avons défendue. La France assume de dire non quand il le faut, et souvent l’Histoire lui donne raison. Le combat continue…
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 21, 2026
Cette saisine de la Cour bloque, en théorie, l’entrée en vigueur de cet accord commercial avec l’Amérique latine pendant plusieurs mois. Cependant, dans l’intervalle, la Commission européenne a la possibilité d’appliquer le traité à titre provisoire si elle le souhaite. Mais cela n’a pas réconforté les 21 États en faveur du traité. Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé la décision du Parlement européen «regrettable» et a appelé à ce que le traité soit «appliqué à titre provisoire». Le porte-parole de la Commission européenne a partagé les «regrets» de l’exécutif européen à l’annonce du résultat du vote. «Selon notre analyse, les questions posées par le Parlement dans cette motion ne sont pas justifiées», a déploré le porte-parole Olof Gill.
Ce mercredi, des centaines d’agriculteurs étaient réunis devant le Parlement européen et ont accueilli la nouvelle avec joie. Directement concernés par ce traité de libre-échange avec les pays du Mercosur, les acteurs du secteur agricole français redoutent une concurrence déloyale face à l’afflux de produits agricoles en provenance du Mercosur.
Le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, qui a récemment annoncé qu’un projet de loi «d’urgence» agricole serait examiné au Parlement «avant l’été», a souligné sur X «un vote important qui devait être respecté».
Un vote important, qui doit être respecté ! https://t.co/pqLicVJjlB
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 21, 2026
![Le Premier ministre Sébastien Lecornu. [ REUTERS/Benoit Tessier] Mercosur : le Parlement européen vote en faveur du renvoi de l'accord devant la Cour de justice...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/2026-01-19t162659z_1857157075_rc2f4jabujqk_rtrmadp_3_france-politics-budget_6970c822353a3.jpg?itok=ha-550z-)