Les agriculteurs se sont mobilisés tout l’hiver, terrorisés par l’épidémie de dermatose nodulaire qui menace les bovins du territoire. En novembre dernier, 16 vaches de Sébastien Desmarecaux ont été abattues. L’éleveur du Sud-Ouest a évoqué sa détresse auprès de .
L’une des premières mises à mort du Sud-Ouest. Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se sont multipliées et les annonces du gouvernement pour tenter d’apaiser les tensions ne suffisent pas à calmer la colère contre la gestion de la dermatose bovine, notamment après l’accord UE-Mercosur signé ce samedi 17 janvier au Paraguay.
Sur l’estive de la Carança, dans le Sud-Ouest, cinq éleveurs ont été touchés par la dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC), perdant plus de 120 bêtes au total. Parmi eux, Sébastien Desmarecaux, éleveur bovin de Corneilla-de-Conflent, dans les Pyrénées-Orientales. En novembre dernier, il a subi l’abattage de seize de ses vaches, alors qu’elles étaient parquées en contrebas de l’estive de la Carança pour être vaccinées, après un nodule détecté lors d’une palpation. Son troupeau était constitué de 39 vaches, il n’en compte aujourd’hui plus que 23.
«C’est complètement brutal», a-t-il martelé auprès de . «S’il y en a une qui est malade…», a-t-il d’abord évoqué, avant de siffler du bout des lèvres, déplorant que le reste de son troupeau, ayant approché le bovin présentant une grosseur anormale, avait également été euthanasié.
«Une vache coûte dans les 3.000 euros»
Le jour de la mise à mort, l’une des premières du Sud-Ouest après la Savoie et le Doubs, l’éleveur bovin de 34 ans n’a pu assister au drame.
«Quand les vétos sont arrivés, je suis parti», a-t-il confié à l’AFP. Au domicile familial, sa fille, âgée de 8 ans, le questionnait sans cesse sur les raisons de ses «pleurs le soir». Il lui a caché la mort du troupeau pendant des semaines.
«Quand on voit qu’une vache coûte aujourd’hui dans les 3.000 euros, le calcul est vite fait», a expliqué le trentenaire, avant de vaguement estimer le prix que lui a coûté l’épidémie de la DNC. «Il y a dix vaches, plus des génisses [des jeunes bovins femelles n’ayant pas encore mis bas, ndlr] qui valent à peu près la même somme. Il y a dix veaux que l’on ne vendra pas cette année», a-t-il recensé. Si l’année 2026 vient à peine de commencer, son bilan ne fait aucun mystère pour Sébastien Desmarecaux. «Moins de renouvellements, moins de veaux donc moins d’argent», a-t-il déploré.
L’approche de la période de reproduction suscite l’angoisse
Pour l’heure, l’éleveur bovin a divisé le reste de son troupeau, qui compte 23 bêtes, en cinq groupes distincts afin d’éviter d’autres contaminations. Mais deux mois après l’abattage de ses vaches, le trentenaire est toujours en détresse psychologique et angoissé en permanence.
«Heureusement que j’ai ma femme et mes filles», a-t-il confié. «Sinon, ce ne serait pas facile à vivre. Je pense aux gens qui sont seuls, sans famille… C’est un coup à faire une connerie», a mis en garde Sébastien Desmarecaux, avant d’évoquer les nombreux «agriculteurs qui se suicident», notamment à cause de leurs conditions de travail.
Les 23 vaches restantes du père de famille sont vaccinées. Cependant, l’éleveur bovin redoute la période de reproduction, en mars prochain. En effet, il aura l’obligation de regrouper ses vaches, les exposant à un nouveau risque aux contaminations et aux abattages.
Alors que l’UE et le Mercosur ont salué la signature d’un accord «historique» de libre-échange ce samedi au Paraguay, il est aisé de comprendre ce qui pousse les agriculteurs à passer leurs nuits dans leurs tracteurs.
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