Depuis de nombreux mois, les Etats-Unis, par l’intermédiaire de Donald Trump, menacent d’annexer la région danoise du Groenland. Alors que le président américain a déjà évoqué la possibilité de prendre possession des lieux par la force, de quelle puissance militaire dispose-t-il sur l’île arctique ?
Une présence amenée à être densifiée ? La convoitise affichée de Donald Trump pour le Groenland (un territoire du Danemark) pourrait se matérialiser en conflit militaire. Le cas échéant, les Etats-Unis pourraient compter sur leur présence armée sur place.
En plein cœur du désert de glace arctique, les Etats-Unis possèdent déjà une base militaire. A l’extrême nord-est de l’île danoise, plus de 1.500 km au nord du cercle polaire arctique, une piste d’atterrissage de 3.000 mètres permet aux engins américains d’aller et venir librement, sur la base spatiale de Pituffik.
une présence américaine floue : «On ne sait pas vraiment combien ils sont»
Anciennement appelée Thulé (jusqu’en 2023), cet espace stratégique de surveillance situé sur la baie North Star regroupe certains appareils militaires et stratégiques américains : radars à missiles, hangars à bombardiers mais aussi des troupes américaines. Au total, on y compte entre 100 et 150 soldats en poste. «On ne sait pas vraiment combien ils sont, au Groenland, mais on entend souvent parler de 100 hommes sur place», affirmait le lieutenant-colonel Vincent Arbarétier à .
Journaliste américain spécialisé en sécurité nationale,John Haltiwanger, rédacteur pour Foreign Policy, a par de son côté déclaré : «Les Etats-Unis disposent de plus de 100 soldats permanents, basés à Pituffik». Il précise également que «selon certaines conditions», ce chiffre peut être augmenté à souhait, par les Etats-Unis.
The United States already has more than 100 military personnel permanently stationed in Greenland at the Pituffik Space Base, the DoD’s northernmost installation. Under existing agreements, the U.S. can also send as many troops as it wants to Greenland.
— John Haltiwanger (@jchaltiwanger) January 14, 2026
Cette base américaine, surnommée «Top of the World», le «Sommet du monde», est la seule base militaire américaine au Groenland. Il s’agit de l’espace militaire le plus septentrionale des forces armées américaines. Elle accueille chaque année 2.600vols militaires et internationaux en son sein.
Selon l’US Air Force, la mission de cette base, qui est la 821e du pays, est de soutenir «les missions d’alerte antimissile et de surveillance spatiale».
«Il assure la sécurité, les communications, le génie civil, le personnel, les services, la logistique et le soutien médical des unités d’active déployées dans des zones reculées, au sein d’un environnement combinant les forces américaines, canadiennes, danoises et groenlandaises, et comptant plus de 800 militaires, civils et contractuels», peut-on lire sur le site américain. En outre, l’entraînement des forces armées dans le milieu arctique et les programmes scientifiques internationales ainsi que les recherches environnementales sont mises en avant.
1941 : La présence américaine s’établit contre l’avis du chef d’Etat danois
La présence américaine au Groenland remonte à 1941, date à laquelle le Danemark, occupé par l’armée allemande, a vu son voisin américain établir ses premières bases sur l’île arctique. Une opération menée contre l’avis du gouvernement danois de Throvald Stauning, avec le seul aval de l’ambassadeur danois à Washington, Henrik Kauffmann.
En 1946, les Etats-Unis en font une station météorologique, car le Danemark demande à Washington de surveiller ses frontières. C’est ainsi que les Américains décident de poser leur station le plus au nord possible, car plus la localisation est septentrionale, meilleures sont les prévisions.
Dès 1951, la présence nord américaine est renforcée dans le cadre de l’OTAN, compte tenu de la valeur stratégique de la colonie danoise. En pleine guerre froide, le Groenland devient ainsi un atout important du camp occidental, face au bloc communiste. A nouveau, en 2026, les Etats-Unis veulent faire de cette région un atout stratégique majeur. Cette fois, pour ce faire, la colonie doit leur revenir intégralement.