L’Assemblée nationale a rejeté ce mercredi les deux motions de censure contre le Premier ministre Sébastien Lecornu, déposées pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.
Le ton est monté dans l’Hémicycle ce mercredi. L’Assemblée nationale a rejeté les deux motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national contre le gouvernement.
Celles-ci avaient été déposées pour dénoncer l’accord de libre-échange que l’Union européenne signera samedi avec les pays du Mercosur.
Malgré l’opposition unanime de la classe politique à l’accord, ces deux motions n’avaient guère de chance d’être adoptées. En effet, ni le PS ni LR n’ont souhaité s’y associer.
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure avait écarté dimanche un vote en faveur du texte, jugeant «absurde» de censurer le gouvernement au moment où le président de la République Emmanuel Macron a dit non au traité.
Ainsi, la motion de censure insoumise a obtenu 256 voix, loin des 288 requises pour faire tomber le gouvernement. Celle du RN n’a récolté que 142 voix.
La colère de Sébastien Lecornu
Sur la sellette cette après-midi lors de l’examen de ces motions de censure, Sébastien Lecornu a chargé les députés insoumis et du Rassemblement national. «Dire que la France soutient le Mercosur est une calomnie», a-t-il lancé dans l’Hémicycle. «Vous agissez tels des tireurs couchés en tirant dans le dos de l’exécutif», a-t-il ajouté, provoquant la colère des élus de l’opposition.
Sébastien Lecornu : «Souvent il y a plus de courage sur les réseaux sociaux que dans l’hémicycle (…) Ces deux motions de censure sont une division» pic.twitter.com/v1Bqm97DPw
— (@) January 14, 2026
Le dépôt de ces motions de censure avait fait vivement réagir l’exécutif qui avait agité vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu’il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars.
L’exécutif avait fait un geste en direction des agriculteurs en s’opposant à la signature de l’accord avec le Mercosur, en vain, cette position étant minoritaire en Europe.
Malgré le «non» d’Emmanuel Macron, LFI accuse le président d’avoir «laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne», voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des «artifices».
![Les droits de douane vont être progressivement supprimés, sachant qu’ils peuvent actuellement aller jusqu’à 35 % dans l'automobile. [ADOBE] Mercosur : l'Assemblée nationale rejette les motions de censure contre Sébastien...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/adobestock_363046011-taille1200_6745b49886a33_0.jpg?itok=6Uyhy-Vu)