L’Assemblée nationale examine ce mercredi les deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Déposées à la suite de l’échec de la diplomatie française sur l’accord de libre-échange avec le Mercosur, leurs chances d’être adoptées sont minces.
Alors que le spectre du 49.3 sur le budget plane de nouveau sur le Palais Bourbon, les motions de censure font leur retour ce mercredi à l’Assemblée nationale. A partir de 15h, deux seront examinées dans l’Hémicycle, une déposée par les députés de La France insoumise, l’autre par le groupe du Rassemblement national et de ses alliés. Ces dernières seront axées sur le traité entre l’Union européenne et le Mercosur, fruit de la colère des agriculteurs français.
Ces deux motions de censure n’ont que peu de chances d’être adoptées ce mercredi. En effet, si les 71 députés de La France insoumise et les 138 élus du Rassemblement national et de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ont l’intention de les voter, le nombre requis de voix pour parvenir à la censure du gouvernement, soit 289, ne semble pas atteignable.
En effet, les groupes du bloc central et des Républicains, membres de la coalition gouvernementale, ne censureront pas Sébastien Lecornu. Au même titre que les indépendants du groupe LIOT, mais aussi des 69 députés socialistes, nécessaires pour faire pencher la balance.
Ce dimanche, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a rappelé qu’il ne voterait pas les motions déposées par LFI et le RN.
Une menace de dissolution
Sébastien Lecornu pourrait cependant être davantage menacé par une censure en cas d’utilisation de l’article 49.3 pour permettre de faire passer le budget, sujet au blocage à l’Assemblée nationale.
Pour mettre la pression sur les parlementaires, le gouvernement a émis l’idée d’une dissolution de l’Assemblée nationale en cas de censure. Une hypothèse qui a vivement faire réagir les oppositions, du côté de La France insoumise et du Rassemblement national, disposés à retourner aux urnes.
Ce dimanche François Hollande a dénoncé cette menace de dissolution qui impliquerait d’organiser des élections législatives pendant les élections municipales. «On ne doit pas parler de dissolution. Les maires qui préparent des élections municipales se disent « mais est-ce qu’on ne va pas avoir une interférence des élections législatives sur les élections municipales ? » Donc ça n’a aucun sens», a tranché le député socialiste de Corrèze.
En parallèle, plusieurs membres du gouvernement ont insisté sur l’inutilité d’une censure, qui empêcherait l’Etat de venir en aide, notamment, aux agriculteurs.
![Aucun produit importés d'Amérique du Sud ne figurera dans les rayons des supermarchés français, a indiqué la grande distribution. [Idriss Bigou-Gilles / AFP] Motions de censure : le gouvernement de Sébastien Lecornu peut-il tomber ce mercredi ?](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_89am9ng-taille1200_696653fa32856.jpg?h=f692311e&itok=d9Am9AXv)