L’ancienne directrice de la prison des Baumettes exfiltrée de son poste après avoir vu un «contrat» lui être associé de la part de la DZ Mafia, a confié comment sa vie a été «bouleversée» par cette menace à l’occasion du jugement de deux détenus au tribunal correctionnel de Marseille.
«Vous avez brisé ma vie», a témoigné l’ancienne directrice de la prison des Beaumettes. Ce mardi 13 janvier, deux détenus ont été entendus pour avoir partagé des menaces de la DZ Mafia à l’égard d’une fonctionnaire employée de l’un des plus grands centres pénitentiaires de France.
«Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie», a notamment déclaré l’ancienne directrice de la prison, exfiltrée de son poste après avoir été menacéepar un contrat de la DZ Mafia. Dans le milieu du banditisme, un contrat est une somme d’argent proposée en échange de violence voire de disparition commanditée à l’encontre d’une personne.
«je suis partie toute seule à Paris pour sauver ma vie»
L’ancienne directrice de prison a témoigné face aux deux individus accusés d’avoir partagé cette offre illicite sur leurs réseaux sociaux. Les deux trentenaires ont pour ce faire eu recours à leurs comptes Snapchat respectifs depuis leurs cellules en mars 2025.
«J’ai demandé à mon administration de me protéger. Je suis partie de Marseille en 15 jours pour un poste que je n’ai pas choisi, je suis partie toute seule à Paris pour sauver ma vie», a repris face à eux la fonctionnaire, en uniforme à la barre des témoins, où elle s’exprimait pour la première fois publiquement dans cette affaire toujours en cours d’instruction.
Sous escorte policière depuis un an, l’ancienne directrice vit «à l’isolement». «Vous avez brisé ma vie. Je ne vais pas bien du tout», a-t-elle également confié à l’attention d’un des deux individus ayant promu ce contrat illégal, qui comparaissait en visioconférence depuis la prison de l’ouest de la France où il purge une lourde peine.
l’un des accusés regrette son acte
Propriétaire du compte Snapchat «cellule frappe», il a reconnu avoir republié le dit contrat de la DZ Mafia mais assure ne «pas avoir lu» le contenu de cette proposition. «J’ai fait le con, je suis désolé d’avoir participé à 1% de toute cette bêtise», a-t-il avoué.
Il indique notamment avoir réutilisé la publication car l’en-tête comportait le mot «DZ», référence à ses «origines algériennes», DZ étant le code internet du pays nord-africain. Il ajoute avoir voulu «gagner de nouveaux abonnés» sur ses réseaux.
Les réseaux sociaux, outil essentiel de la DZ Mafia
Pour la procureure, les deux prévenus «ne sont pas au cœur de la DZ mafia mais dans ses marges». «Les réseaux sociaux diffusent leurs idées, leurs messages, promettent des montagnes de cash. C’est par les réseaux sociaux qu’ils recrutent. La republication, ce n’est pas anodin. On ne peut pas se déresponsabiliser», a estimé la magistrate.
Originaire de Marseille, la deuxième mise en cause a refusé de comparaître depuis sa prison. Lors de sa garde à vue, la jeune femme avait déclaré n’avoir «aucune animosité» contre la directrice des Baumettes, qu’elle a connue lors de sa détention. Elle a posté la «story», c’est-à-dire la publication éphémère du contrat pour montrer qu’à Marseille «les gens sont fous».
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