La baisse des émissions de gaz à effet de serre a marqué le pas en France en 2025. L’atteinte des objectifs de neutralité carbone est compromise.
La France décélère sur la route vers la neutralité carbone. En 2025, la baisse des émissions de gaz à effet de serre a connu un recul estimé à seulement -1,6%, soit près de trois fois moins que l’allure nécessaire à l’atteinte des objectifs.
Le rythme total de baisse en 2025, qui avait déjà commencé à s’affaisser en 2024 (-1,8%), a été deux, voire quatre fois plus lent qu’en 2022 et 2023 (-3,9% et -6,8%).
Cette «faible diminution des émissions» françaises s’inscrit «en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030» fixés par le gouvernement, souligne le Citepa, l’organisme mandaté pour dresser le bilan carbone français.
La ↘️ des émissions de GES en 🇫🇷 en 2025 a été très loin de l’objectif de la #SNBC3 : 1,6 % d’après les prévisions du CITEPA contre 4,6 % attendus. Notre dépendance aux énergies fossiles (et donc aux pays producteurs) est un risque climatique ET géopolitique. www.citepa.org/wp-content/u…
[image or embed]— Anne Bringault (@annebringault.bsky.social) 13 janvier 2026 à 11:30
La Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), feuille de route actualisée en décembre pour une France neutre en 2050, mentionne en effet un objectif fixé à -4,6% en moyenne chaque année d’ici à 2030.
Les résultats français divergent selon les secteurs. Bien qu’insuffisante, la réduction des émissions enregistrée a notamment été permise par une baisse marquée dans le secteur de l’industrie (-3,4%) mais sur fond de «diminution continue de l’activité industrielle», en particulier pour la chimie, la production de ciment et la métallurgie.
Suivent l’agriculture, avec une réduction des émissions principalement liée à celle du cheptel bovin, et les transports, avec une diminution des consommations de carburants dans le transport routier.
Des chiffres similaires en Allemagne
Les émissions du bâtiment sont en légère baisse, en lien avec les variations des consommations de fioul et de gaz naturel, mais très loin de l’effort requis. Enfin, les émissions du secteur de l’énergie sont pour leur part quasi-stables, après les importantes baisses de ces dernières années.
Le Citepa note la légère baisse des émissions liées à la production d’électricité, déjà très décarbonée avec le poids du nucléaire et l’essor des renouvelables, mais limitée par une augmentation attendue dans le raffinage des hydrocarbures, liée à une «reprise d’activité» en 2025.
Après avoir incité à la sobriété dans la consommation d’énergie suivant le début de la guerre en Ukraine, la France, comme les autres pays développés, peine à s’attaquer à des secteurs plus difficiles ou coûteux à décarboner, comme les voitures et les immeubles.
Le ralentissement français fait écho aux chiffres publiés récemment en Allemagne, qui a réduit de seulement 1,5% ses propres émissions l’an dernier, selon une estimation du groupe d’experts Agora Energiewende. L’Union européenne, qui vise -90% en 2040 par rapport à 1990, en était à -37% en 2023.
Régissant à ces chiffres décevants Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat, a déclaré : «Il est plus que temps de prendre au sérieux le risque climatique, mais aussi géopolitique que nous fait subir notre dépendance à des énergies fossiles très majoritairement importées, et que la classe politique s’accorde sur des mesures concrètes pour agir».
![L'étude note une nette diminution des réserves d'eau douce dans le sud et le centre de l'Europe. [NICOLAS TUCAT / AFP] Climat : la baisse des émissions de gaz à effet de serre ralentit en France](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_47pf9zp-taille1200_692ae0ee4edb7.jpg?itok=UYmb7jfF)