Alain Orsoni a été abattu ce lundi dans le village de Vero, en Corse-du-Sud, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère, a-t-on appris d’une source proche de l’enquête. Une enquête pour assassinat en bande organisée a été ouverte.
Une mort choquante. Ancien dirigeant nationaliste corse et ancien président du club de football d’Ajaccio, Alain Orsoni a été abattu ce lundi 12 janvier alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère dans le village de Vero (Corse-du-Sud).
Le procureur d’Ajaccio Nicolas Septe a confirmé les faits à l’AFP et annoncé l’ouverture d’une enquête pour assassinat en bande organisée, confiée à la police et la gendarmerie en co-saisine. En début de soirée, le nouveau parquet national anti-criminalité organisée annonce se saisir de l’enquête.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 16h30 et Alain Orsoni est décédé sur place, a ajouté une autre source proche de l’enquête évoquant la piste d’un sniper.
Agé de 71 ans, ce militant nationaliste de la première heure avait déjà été visé par un projet d’assassinat en 2008. Son frère Guy avait été assassiné en 1983, prénom qu’il avait donné ensuite à son fils, figure du banditisme corse.
Une vie en exil durant 13 ans
Après des études à Paris, il était devenu l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), qualifié plus tard par ses adversaires de «Mouvement pour les affaires».
Réputé pour son sens politique et son sang-froid, Alain Orsoni avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il a vécu durant 13 ans en Floride puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, et en Espagne.
Peu après son retour d’exil, un projet d’assassinat le visant fut déjoué par la police durant l’été 2008. Il avait au même moment succédé à la présidence du club de foot de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) à son ami Michel Moretti, un ancien nationaliste qui venait de décéder.
En 2012, après l’assassinat de plusieurs notables ajacciens et proches de l’ACA, comme l’ancien bâtonnier Antoine Sollacaro et le président de la chambre de commerce Jacques Nacer, Alain Orsoni avait dénoncé une «cabale médiatique» contre lui.
![Antoine Sollacaro a été assassiné le 16 octobre 2012. [STEPHAN AGOSTINI / AFP] Corse : l'ex-dirigeant nationaliste Alain Orsoni abattu aux obsèques de sa mère](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_par3612515-taille1200_690736fc44679.jpg?h=d19390ce&itok=lVQcjiTY)