«Nous ne voulons pas être Américains», ont réaffirmé les partis groenlandais dans une déclaration commune ce vendredi, alors que Donald Trump a menacé d’utiliser «la manière forte» si le Danemark refusait de lui céder son territoire autonome.
Pas Américains ni Danois, mais Groenlandais. Les dirigeants des cinq partis de l’île arctique représentés au Parlement local – les quatre prenant part au gouvernement ainsi que le parti d’opposition – ont assuré tard ce vendredi 9 janvier, dans une déclaration commune, que «l’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais». «Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais», ont-ils ainsi martelé.
«Nous devons décider nous-mêmes de l’avenir de notre pays, sans pression en faveur d’une décision hâtive, sans tergiversation ni ingérence d’autres pays», ont-ils insisté, au lendemain des déclarations du 47e président américain à la Maison-Blanche. Ce dernier affirmait alors que les États-Unis devaient prendre le contrôle du Groenland avec «la manière douce» ou «la manière forte» pour assurer leur propre sécurité face à Pékin et Moscou.
«On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine occuper le Groenland. C’est ce qu’ils vont faire si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte», lançait Donald Trump devant la presse à la Maison-Blanche ce vendredi. Un argument contesté par Nuuk et Copenhague.
Plus tôt dans la semaine, Lars Løkke Rasmusse, ministre danois des Affaires étrangères, assurait : «Nous veillons sur le royaume», précisant : «Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois».
Un territoire autonome convoité
Avec un peu moins de 60.000 habitants, l’île arctique bénéficie d’une large autonomie, tout en appartenant officiellement au Danemark. Mais depuis 1951, il existe un accord de défense entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland qui donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités locales.
Une position intermédiaire aujourd’hui sur le plateau des négociations à cause de l’intérêt croissant des grandes puissances pour l’Arctique. En effet, le Groenland bénéficie de ressources considérables telles que des terres rares, de l’uranium, du pétrole ou encore du gaz. Autant de richesses qui, avec l’ampleur du réchauffement climatique, deviennent plus accessibles.
Soulignant de nouveau son intérêt pour le Groenland jeudi 8 janvier lors d’un entretien pour le New York Times, Donald Trump reconnaissait qu’il lui faudrait choisir entre la préservation de l’intégrité de l’Otan ou le contrôle du territoire danois. Face à cet affront, les partis groenlandais ont déclaré qu’«aucun autre pays ne peut se mêler» de l’avenir de ce territoire autonome.
Le Danemark, Groenland compris, est membre de l’Otan. Une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait «la fin de tout», a alerté sa Première ministre, Mette Frederiksen.
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