L’offensive terrestre menée ce samedi par les Etats-Unis au Venezuela a conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Elle intervient après des mois d’escalade entre les deux pays.
Après les menaces, Donald Trump est passé aux actes. Ce samedi 3 janvier, le chef d’Etat a annoncé que les forces américaines ont lancé une «attaque de grande envergure» contre le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro. Une offensive qui intervient après des mois de tensions toujours plus fortes entre les deux pays.
Le conflit ne date pas d’hier puisque Washington a imposé des sanctions économiques au Venezuela dès 2017 et, en janvier 2019, durant le premier mandat de Donald Trump, a instauré un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d’or noir.
Mais les tensions connaissent une escalade depuis septembre, lorsque Donald Trump a lancé une campagne militaire dans les Caraïbes et le Pacifique au nom de la lutte contre le narcotrafic, avec en particulier le pouvoir vénézuélien dans le viseur.
Les Etats-Unis ont rassemblé une flottille de navire de guerre au large du Venezuela, dont le plus grand porte-avions du monde. Ces derniers mois, plusieurs dizaines de frappes ont été menées contre les embarcations de trafiquants présumés, causant plus d’une centaine de morts.
La légalité de cette campagne a été remise en question par certains experts, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme relevant notamment de «solides indices» d’exécutions «extrajudiciaires».
Washington accuse le gouvernement vénézuélien, sans apporter de preuve précise, de participer activement au trafic de drogues vers les Etats-Unis. Jusqu’à la capture de Nicolas Maduro ce samedi, le gouvernement américain offrait même une récompense de 50 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien.
A la mi-décembre, Donald Trump avait également annoncé un blocus naval pour les pétroliers sanctionnés faisant route vers ou depuis le Venezuela. Il avait justifié cette décision en affirmant que le pays se sert du pétrole pour financer «le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements».
Deux pétroliers saisis
Depuis, les garde-côtes et le département de la Défense ont saisi deux pétroliers transportant plus de 1 million de barils chacun. Un troisième, identifié par des médias américains comme le Bella 1, soumis à des sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah, a été poursuivi le 21 décembre, sans être saisi.
Mercredi, une série de sanctions a par ailleurs été annoncée à l’encontre de quatre entreprises accusées par Washington de participer au transport maritime du pétrole vénézuélien. Selon le département du Trésor, elles possèdent ou opèrent des pétroliers «appartenant à la flotte fantôme qui continue de fournir des ressources au régime illégitime du narco-terroriste Maduro».
Le président vénézuélien a toujours nié toute implication dans le trafic de drogues et dénonce une manipulation des Etats-Unis visant à déstabiliser son pouvoir pour s’emparer des réserves de pétrole du pays.
Le Venezuela produit environ un million de barils de pétrole par jour et ses réserves sont identifiées comme les plus grandes du monde. Il écoule toutefois cette or noir à des prix inférieurs à ceux du marché, notamment à destination de la Chine, en raison de l’embargo américain instauré en 2019.
«La plus grande extorsion connue»
Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies a été convoquée à ce sujet le 23 décembre dernier à la demande du Venezuela. Le représentant du pays, Samuel Moncada, avait dénoncé «la plus grande extorsion connue dans notre histoire», désignant les Etats-Unis comme «une puissance qui agit en dehors du droit international, exigeant que les Vénézuéliens quittent notre pays et le lui cèdent».
Le président américain, lui, s’était fait de plus en plus menaçant à l’égard de son homologue vénézuélien, allant jusqu’à affirmer qu’il serait plus «sage» pour lui de quitter le pouvoir. Assurant qu’il «n’excluait pas» une guerre, Donald Trump avait déclaré : «S’il joue les durs, ce sera la dernière fois qu’il pourra jouer les durs».
Le chef d’Etat brandissait en outre la menace de frappes américaines terrestres au Venezuela depuis plusieurs semaines. Le 29 décembre dernier, il a annoncé la destruction d’une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic, ce qui pouvait déjà constituer une première attaque sur le sol vénézuélien, mais sans commune mesure avec celle opérée ce samedi.
De fortes explosions ont secoué Caracas et sa région cette nuit, peu avant 2h du matin et pendant plus d’une heure. Le bilan humain est actuellement inconnu mais, selon le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, des «missiles» et des «roquettes» ont été tirés sur «des zones résidentielles de population civile».
Le «déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale» a été ordonné tandis que la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a exigé «une preuve de vie» concernant le président vénézuélien et son épouse.
Pour l’heure, Donald Trump s’est contenté d’indiquer sur Truth Social que Nicolas Maduro et Cilia Flores avaient été «capturés et exfiltrés du pays». La ministre américaine de la Justice, Pamela Bondi, a expliqué que tous deux feraient bientôt face «à toute la rigueur de la justice américaine» dans le cadre de poursuites pour trafic de drogue et terrorisme.
![Donald Trump accuse Nicolas Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Ce que le président vénézuélien a toujours démenti. [© REUTERS] Venezuela : pourquoi les Etats-Unis ont-ils frappé le pays et capturé Nicolas Maduro ?](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/2026-01-03t115330z_1543953786_rc2ntiarv6g6_rtrmadp_3_usa-venezuela-explosions_695905af3194f.jpg?h=09545403&itok=0l456UKd)