Le 3 janvier est la date la «plus meurtrière» du calendrier selon une étude de l’Insee. Un phénomène qui dure depuis plus de vingt ans et qui mêle facteurs sanitaires, sociaux et même psychologiques.
Les chiffres sont sans appel. En compilant les données d’état civil entre 2004 et 2023, l’Insee a identifié un jour qui se détache nettement des autres en matière de décès: le 3 janvier. A cette date, le nombre de morts est en moyenne supérieur de près de 19 à 20% à la moyenne annuelle, avec environ 1.900 personnes déclarées mortes par jour, contre 1.600 les autres jours de l’année. Ces dernières années, ce seuil a même été franchi, dépassant régulièrement les 2.000 décès.
L’hiver est la saison la plus meurtrière. Plus 9% de décès en décembre, +14% en janvier, +12% en février et +6% en mars. La circulation accrue des virus saisonniers comme la grippe, la Covid ou encore les infections respiratoires, constitue la principale explication avancée par l’Insee.
Fêtes de fin d’année et effets de calendrier
Pourquoi précisément le 3 janvier ? L’Insee avance une hypothèse : un effet de «report» des décès. «Le désir de passer ces fêtes avec des proches, ainsi que celui d’atteindre une nouvelle année pourrait retarder la survenue du décès des personnes en fin de vie et expliquer en partie ce pic», détaille l’agence statistique.
Le début du mois de janvier correspond aussi à la reprise des activités médicales après la trêve des confiseurs, notamment des opérations chirurgicales programmées. Les excès alimentaires, l’alcool, la fatigue accumulée durant les fêtes, ainsi que les nombreux déplacements de retour de congés peuvent aussi contribuer à ce surcroît de mortalité, toujours d’après l’Insee.
Moins de morts le week-end
Un élément pourrait toutefois tempérer ce triste record selon les années : le jour de la semaine. Les statistiques montrent que l’on meurt moins le week-end que les jours ouvrés. Le samedi enregistre environ 1% de décès en moins, et le dimanche 3% de moins, tandis que le mardi apparaît comme le jour le plus mortel de la semaine.

Or, le 3 janvier 2026 tombe un samedi, et le 3 janvier 2027 tombera un dimanche. La surmortalité pourrait donc être légèrement atténuée. Mais pas suffisamment pour effacer l’excès d’environ 20% observé de façon récurrente à cette date.
![La victime était connue des services d'hébergement d'urgence. [Miguel MEDINA / AFP] Démographie : pourquoi le 3 janvier est-il considéré comme le jour le plus meurtrier de l’année...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_34j49z2_65fab711ef4de_0-taille1200_6825b635aa0c3_69575b8e94f03.jpg?h=0cb936fd&itok=qKSpqUw0)