«Un temps de réaction multiplié par trois» : une nouvelle étude choc démontre les dangers du…

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By InfoHunter


L’association 40 millions d’automobilistes a publié ce mardi une enquête qui met en lumière les nombreux effets néfastes d’une consommation de protoxyde d’azote avant de prendre le volant. Face à ce fléau national, Pierre Chasseray, délégué général de l’association, tire la sonnette d’alarme et appelle à «classifier l’usage détourné du protoxyde d’azote comme un délit»

Un véritable problème de santé publique. L’association 40 millions d’automobilistes a publié mardi une enquête alertant sur les nombreux ravages causés par la consommation de protoxyde d’azote, notamment avant de prendre le volant.

Cette dernière s’est appuyée sur un constat simple pour alerter de l’explosion de cette pratique : «plus de 450 incidents graves liés au protoxyde d’azote ont été recensés cette année, soit quarante fois plus qu’il y a six ans».

Facilement accessibles en ligne ou dans certains magasins, les bonbonnes de protoxyde d’azote s’inspirent du marketing utilisé pour les cigarettes électroniques avec des goûts fruités permettant d’attirer un public toujours plus jeune.

Or, son impact sur la santé est important, notamment en cas de dosage conséquent, de prises répétées ou de mélange avec d’autres produits psychotropes. A long terme, son usage peut entrainer des troubles neurologiques graves, des complications vasculaires et des pathologies psychiatriques.

«C’est une catastrophe. Ce que l’on appelle d’une manière presque drôle le «gaz hilarant», c’est le fait de priver le cerveau du patient de son oxygène. On a des gamins qui ne peuvent plus marcher, ils passent par la rééducation. On a aussi des gamins qui en sont morts, sans même parler de la route. Après, il y a tous ceux qui vont prendre ça sur la route et qui vont en mourir et potentiellement emporter d’autres vies», a analysé Pierre Chasseray, délégué général de l’association, pour .

Un temps de réaction multiplié par trois

Pierre Chasseray a pris la place de «cobaye» en réalisant pour son association un test organisé sur les simulateurs de conduite Develter Innovation. Il a ainsi réalisé deux parcours en voiture, un premier à jeun et le second quelques minutes après avoir inhalé une «dose volontairement minimale de protoxyde d’azote, diluée avec de l’oxygène et très inférieure aux usages observés dans les pratiques récréatives».

«On a fait ce test sous contrôle médical et dans des doses minimalistes. Malgré ça, c’est le “strike“ avec un temps de réaction multiplié par trois pour Jade (chargée de communication de l’association) et moi, des situations d’accident qu’on n’évite pas, une sensation d’être dans les vapes et dans l’incapacité de réagir dans un délai rapide. Même 30-45mn après, on reste sur des temps de réaction qui sont multipliés par deux», a synthétisé Pierre Chasseray.

Dans le premier cas, il n’avait pas renversé la moindre quille sur son parcours alors que sous l’influence du gaz hilarant, il en a renversé 7 en ligne droite et 13 en courbe. Ce constat s’applique aussi avec le nombre d’accidents provoqués, soit aucun à jeun et trois avec l’impact du «gaz hilarant».

«Une méconnaissance du dossier sur le plan politique»

La loi n° 2021-695 du 1er juin 2021 encadre le protoxyde d’azote pour prévenir ses usages dangereux. Elle interdit la vente ou l’offre de ce gaz aux mineurs dans tous les commerces, lieux publics et sur Internet, sous peine d’une amende de 3.750€. La législation interdit également la distribution de ce gaz dans les débits de boissons et de tabac, y compris pour les majeurs.

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Face à ce problème de santé publique, les élus tentent de prendre leurs responsabilités en évoquant avec insistance une prohibition future de son usage.

«Il y a une grosse méconnaissance de ce dossier sur le plan politique. On me dit souvent qu’il faut placer le protoxyde d’azote comme un stupéfiant mais on ne peut pas. Le protoxyde d’azote n’est pas dangereux, il est utilisé en cuisine. C’est son utilisation détournée qui est dangereuse», a nuancé Pierre Chasseray.

«Ce que l’on peut faire, c’est de lui attribuer au volant les mêmes condamnations pénales, le rendant délictuel au même titre que les stupéfiants au volant», a conclu ce dernier.

Un jeune sur dix a déjà consommé du protoxyde d’azote

Le mois de décembre a d’ailleurs été particulièrement mortel. Lundi, une femme de 48 ans est décédée dans un grave accident de la route sur la M7, à Lyon, après qu’un véhicule a violemment percuté l’arrière du sien. L’enquête vient de révéler que des bouteilles de protoxyde d’azote ont été découvertes dans la voiture du mis en cause.

Plus tôt, le 9 décembre,un jeune homme et deux adolescents sont morts noyés à Alès (Gard) après que leur véhicule a «défoncé un muret et est tombé à l’intérieur d’une piscine». Là aussi, les trois individus avaient consommé du protoxyde d’azote.

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes parue en octobre (sur 2256 personnes), un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d’azote en soirée, et la moitié d’entre eux l’ont déjà fait en conduisant.

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