
Le décret d’application de la tant attendue «loi infirmière» a été rendu public ce vendredi 26 décembre au Journal officiel. Un texte accueilli comme un soulagement pour les centaines de milliers d’infirmières et d’infirmiers d’État, dont l’élargissement des prérogatives les fait gagner en autonomie.
Une réforme attendue. Espéré par les quelque 640.000 infirmières et infirmiers du pays, un décret publié ce vendredi au Journal officiel concrétise la réforme du métier d’infirmière, permettant aux professionnels de santé d’élargir leur rôle dans le système de soins.
Avec des actes quotidiens qui ont considérablement évolué ces dernières années pour pallier la désertification médicale et le vieillissement de la population, la rendant plus fragile, les infirmières étaient jusqu’ici rémunérées à partir d’une liste d’actes jugée obsolète, vieille de 20 ans, actions qu’elles ne pouvaient réaliser uniquement sur prescription médicale préalable.
Un rôle élargi pour les infirmières
Ces professionnelles de santé en blouse blanche pourront désormais «initier» les soins dans leur domaine d’activité et les soins infirmiers «de nature préventive, éducative, curative, relationnelle ou destinés à la surveillance clinique». Une articulation davantage centralisée autour des infirmières, jusqu’ici largement structurée par les médecins, qui pourront désormais prendre «directement» en charge les patients dans le cadre de leur «rôle propre», peut-on lire dans le décret paru ce 26 décembre.
Un élargissement de leurs compétences comprenant des «consultations infirmières», la réalisation d’un bilan clinique, comme une évaluation de la santé des patients, de leurs antécédents ou de leurs habitudes de vie. Elles pourront également poser un «diagnostic infirmier», entendu comme les «besoins de santé» spécifiques du patient dans son champ de compétences, «élaborer un projet de soins» personnalisé et s’occuper sans prescription préalable des plaies ou des brûlures légères.
Un droit de prescription et de vaccination
Concernant le droit, depuis longtemps réclamé par la profession, de «prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique», le décret l’accorde aux infirmières, dont la liste est néanmoins restreinte et précisée par arrêté. Un texte qui reconnaît également la capacité des infirmières à repérer des situations de maltraitance ou de souffrance psychique, à assurer des «soins relationnels, permettant d’apporter un soutien psychologique» aux patients, ou à «concevoir» et «conduire» une démarche d’éducation thérapeutique ou de prévention, dans le cadre de chutes, d’obésité, d’addiction, de santé sexuelle comme la transmission des MST et la contraception ou encore de la vaccination.
Dans un contexte particulièrement tendu en matière d’épidémie de grippe et après la crise du Covid-19 qui a frappé la France il y a cinq ans maintenant, les infirmières pourront aussi vacciner sans prescription préalable, pour tous les vaccins obligatoires à partir de 11 ans, exceptés pour les patients immunodéprimés, c’est-à-dire exempts de réactions immunitaires normales, et pour les vaccins contre la grippe et le Covid dès 5 ans. Elles pourront également réaliser des tests de dépistage de certaines infections sexuellement transmissibles, à l’image du VIH et des hépatites, ou encore des infections à chlamydia, qui connaissent une progression inquiétante en France.
Les infirmières pourront également déléguer certains actes, dont la liste sera fixée par arrêté, à des aides-soignantes ou à des auxiliaires de puériculture. Un texte qui entrera en vigueur le lendemain de la publication de l’arrêté ou au plus tard le 30 juin 2026.