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En Ukraine, la guerre continue sur le terrain, tandis que Volodymyr Zelensky a annoncé avoir obtenu une révision du plan de paix présenté par Donald Trump. Les attaques de drones se multiplient sur les grandes villes. Pour y faire face, l’armée a pris une décision lourde de sens : former des civils à les intercepter. Producteur de légumes, graphiste, hommes et femmes de tous âges, apprennent donc à défendre leur ville, sans dégarnir la ligne du front.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Ce sont des chasseurs de drones. À l’arrière de la ligne de front, des militaires forment des civils à défendre le ciel ukrainien. En une nuit, presque 700 drones et missiles russes se sont déjà abattus sur une ville. L’Ukraine a besoin de volontaires pour utiliser ce tout nouveau drone intercepteur, le P1-Sun. Équipé d’une charge explosive, il est très maniable et peut accélérer à plus de 300 km/h. Une vitesse qui permet à ce drone d’intercepter les drones Shahed, utilisés en masse par les Russes.
« Notre concept, c’est que les civils protègent les zones civiles. Il ne s’agit pas de tuer, mais de défendre leur ville, leur logement et leur famille », explique Oleksandr, chef de projet « Ligne anti-Shaed » – Fondation Dignitas.
Parmi les civils, Igor, un producteur de fruits et légumes. Il se familiarise avec le casque immersif et cette nouvelle manette. Il faut de la délicatesse et de la dextérité pour piloter l’engin. « Mes connaissances sur les drones se limitaient plutôt aux films de Spider-Man ou Marvel. C’est à peu près tout ce que je savais sur les drones », assure-t-il.
Des centaines d’hommes suivent cette formation, mais aussi des femmes. Oksana, 20 ans, suit des cours d’art et de graphisme à Kiev. Elle aurait aimé s’engager dans l’armée mais n’a pas pu pour des raisons médicales. Depuis ses tout premiers entraînements au pilotage de drones intercepteurs, elle ne pense plus qu’à ça et cela se reflète dans son travail artistique. « Voici la vue panoramique depuis un drone utilisé sur le terrain », nous montre-t-elle. Elle a imaginé une présentation immersive de son œuvre. « On va monter le cylindre qui sera installé à la hauteur d’un poteau et fixé. Et à l’intérieur, les gens verront comme s’ils pilotaient le drone eux-mêmes à 360 degrés. Comme ça », détaille Oksana.
Nous la retrouvons en treillis. Deux jours ou deux nuits par semaine, la jeune graphiste traque les drones ennemis, les Shahed. « Elle est excellente et prudente, c’est bien. Les garçons sont plus téméraires, un peu trop parfois », nous confirme-t-on.
L’Ukraine veut former 700 équipes de civils, dont une centaine pour protéger la capitale, Kiev. Tous ces civils qui s’engagent dans cette guerre des drones le savent : ils deviennent, pour les Russes, des cibles prioritaires.