« Notre capacité de défense est malheureusement sous-dotée », estime Julien Odoul, député RN de l’Yonne

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By InfoHunter



Dimanche 21 décembre, Julien Odoul était l’invité de « Tout est politique » sur franceinfo. Le député RN de l’Yonne est notamment revenu sur la situation budgétaire, sur budget de la défense, mais aussi sur l’importance de la souveraineté militaire du pays.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Myriam Encaoua : La France va se doter d’un nouveau porte-avions, nouvelle génération. Est-ce que vous saluez cette annonce à l’heure où la menace est plus que jamais présente ?

Julien Odoul : Tout d’abord, c’était une annonce prévisible puisque cette construction de porte-avions était prévue dans la loi de programmation militaire, donc il n’y a pas de nouveauté ni d’annonces fracassantes. Ensuite, ce n’est pas un deuxième porte-avions, mais c’est un porte-avions de remplacement pour le Charles de Gaulle, qui verrait sa construction aboutir en 2038.

Avec beaucoup plus de capacité, plus puissant.

Certes, mais ça restera un porte-avions pour notre Marine nationale et pas deux porte-avions.

C’est adapté à la menace et à la guerre qui, selon tous les experts, est possible demain ?

Ce qui doit être adapté, c’est évidemment notre appareil de défense. Nous le disons depuis de nombreuses années avec le Rassemblement national, avec Marine Le Pen, que notre capacité de défense est malheureusement sous-dotée. Et j’allais dire qu’il y a une contradiction entre le talent, le mérite et puis l’exceptionnel savoir-faire de nos militaires, qui est reconnu partout dans le monde, et le détricotage progressif de notre appareil de défense, qui a été voulu par les différents gouvernements.

Le budget des armées, quand même, depuis 2017, a augmenté de 56 %. Avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella au pouvoir, vous souhaiteriez une montée en charge plus forte de la défense en proportion du PIB ? Comment est-ce que vous financeriez cette montée en charge ?

Nous souhaitons effectivement que l’armée française soit en capacité de répondre aux différentes menaces. Nous souhaitons donner les moyens à nos militaires qui effectuent une mission capitale pour assurer la défense de l’intérêt ici en France et partout dans le monde. Concernant le financement, vous le savez, on a dans le cadre du débat budgétaire proposé des pistes d’économie sérieuses, notamment sur le train de vie de l’État, sur la lutte contre la fraude, sur les gaspillages qui sont nombreux dans notre pays, parce qu’on est un pays très riche qui gaspille malheureusement beaucoup. Donc très clairement, le financement, nous l’avons.

La baisse aussi de la France au budget de l’Union européenne.

Aussi, bien sûr.

Ce qui n’est pas neutre quand on sait le nombre de coopérations qu’on peut avoir avec nos voisins allemands, mais avec d’autres partenaires européens.

On parle souvent de l’armée européenne. Vous savez, il y a effectivement une armée européenne, effectivement, c’est l’armée française.

Ça vous fait peur que notre souveraineté militaire soit remise en cause ?

Il y a toujours cette petite musique et la volonté à la fois technocratique et quelquefois politique de certains dirigeants de vouloir mutualiser, partager notre dissuasion nucléaire.

Construire en commun des armes, ce n’est pas une bonne idée ?

Il y a une différence entre construire et agir. Il y a une différence sur le commandement.

Personne du chef de l’État n’a jamais dit qu’il souhaitait un commandement partagé.

Emmanuel Macron ne l’a jamais dit effectivement textuellement, pour autant que ce soit dans son ancienne majorité ou que ce soit dans son groupe politique ou de ses amis, vous avez des voix qui se font entendre pour l’armée européenne et pour partager cet outil de souveraineté qui est fondamental. S’il n’y a pas d’armée française, c’est-à-dire que si on ne sait pas qui va appuyer sur le bouton, qui peut potentiellement envoyer des fils et des filles de France au combat, très clairement, ça pose un sérieux problème.

Ça pose la question des crédits de défense et c’est l’impasse budgétaire. Il n’y a pas de budget à Noël et donc il n’y a pas les 6,7 milliards d’euros supplémentaires pour nos soldats, pour financer ce nouveau porte-avions, le spatial, la guerre des drones, la guerre hybride. Est-ce que c’est un problème que sans budget, les moyens supplémentaires pour la défense ne puissent pas être sur la table ?

Manifestement, Emmanuel Macron n’est pas très inquiet sur le vote du budget, sur le budget de nos armées et sur la construction de ce nouveau porte-avions, puisqu’il annonce cela 48 heures, avant un vote très important. Mais ce qui est choquant et ce qui devrait nous interpeller, c’est que le budget de la nation française, au regard des difficultés que nous connaissons, évidemment la crise de la dette, évidemment la précarisation croissante de notre pays, et j’allais dire même le déclassement de la classe moyenne de notre pays, qui est vraiment à prendre en considération. Je le vois sur le terrain à l’aube des fêtes de Noël, un certain nombre de nos concitoyens, de familles, qui aujourd’hui font des efforts colossaux pour ne pas tomber dans la précarité, qui n’arrivent pas à donner et à offrir des cadeaux à leurs enfants, et qui sont dans une angoisse de l’avenir. Ça, il faut quand même le mesurer.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.





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