
À défaut d’avoir trouvé un accord sur les avoirs russes gelés, l’Union européenne va prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine, sous la forme d’un emprunt à taux zéro. Les menaces de Vladimir Poutine ont donc dû être entendues, bien que, pour l’heure, rien ne soit définitif.
Lors de sa grande conférence annuelle, le chef d’État de la Russie Vladimir Poutine a prévenu que l’utilisation des avoirs russes pour financer l’Ukraine pourrait «avoir des conséquences lourdes».
«C’est un braquage. Mais pourquoi ce n’est pas possible de commettre ce braquage? Parce que les conséquences peuvent être très lourdes», a-t-il affirmé selon sa retransmission à la télévision russe retranscrite par l’AFP ce vendredi 19 décembre.
Un prêt de 90 milliards d’euros à taux zéro
Après la fermeture du robinet américain décidée par le président Donald Trump, les dirigeants des 27 Etats membres s’étaient engagés à assurer l’essentiel du soutien financier et militaire de l’Ukraine, qui risquait d’être à court d’argent dès le premier trimestre 2026. Pour financer ce prêt, le dirigeant allemand soutenait depuis plusieurs mois une utilisation des avoirs gelés russes en Europe.
Il faut croire que les menaces du Kremlin ont été entendues. À l’issue d’un sommet, ce jeudi, sur le sujet, les 27 n’ont pas réussi à conclure un accord sur ce recours aux avoirs de la banque centrale russe, totalement inédit et à haut risque. Ils se sont donc ralliés à un emprunt commun. Les Européens ont décidé vendredi de financer l’effort de guerre de l’Ukraine pendant au moins deux ans via un prêt de 90 milliards d’euros à taux zéro, financé par le budget de l’Union européenne.
«La balle est dans le camp» de l’Ukraine selon V. Poutine
«C’est un message décisif pour mettre fin à la guerre, car Poutine ne fera des concessions que lorsqu’il comprendra que sa guerre ne lui rapportera rien», a assuré le chancelier allemand Friedrich Merz à l’issue de cet accord arraché au milieu de la nuit à Bruxelles.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi à cet accord en remerciant les dirigeants européens. «Il s’agit d’un soutien important qui renforce véritablement notre résilience», s’est-il félicité dans un post sur X. Lui aussi n’a été que partiellement entendu, après avoir lui aussi plaidé sans relâche pour faire payer la Russie.
I am grateful to all leaders of the European Union for the European Council’s decision on €90 billion in financial support for Ukraine in 2026–2027. This is significant support that truly strengthens our resilience. It is important that Russian assets remain immobilized and that…
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) December 19, 2025
Moscou s’est félicité vendredi d’une victoire «du bon sens». Vladimir Poutine a renchéri en rappelant que «la balle [était] dans le camp» de l’Ukraine et des Occidentaux pour mettre fin à la guerre. Il a également rappelé qu’il ne se considérait «pas responsable» pour les morts en Ukraine.