les santons, une véritable fierté locale

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By InfoHunter



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Temps de lecture : 4min – vidéo : 6min

Le « 13 Heures Découverte » poursuit son tour de France à la rencontre des artisans. Ce jeudi 18 décembre, nous allons à la rencontre de Christophe Hernandez à Marseille. Il sculpte des santons dans le respect de la technique traditionnelle d’antan.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

À l’approche de Noël, il s’invite souvent dans un coin du salon. Les santons, ces petites figurines à l’origine religieuse, incarnent aujourd’hui la tradition provençale. Un artisanat centenaire né il y a plus de deux siècles au cœur de Marseille. Le santon, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né dans le quartier du Panier. Dans cet atelier, Christophe Hernandez perpétue ce savoir-faire depuis plus de 30 ans. La fabrication commence toujours avec cette collection de moules en plâtre. « Voilà comment se présente un moule. On est à peu près à 200, 100 ans différents. Et le plâtre absorbe l’eau de l’argile, ce qui nous permet de sortir le sujet, » détaille Christophe Hernandez, santonnier de l’Atelier Arterra. La technique n’a presque pas évolué avec le temps. L’argile est d’abord tassée, puis pressée dans le moule pour donner forme aux personnages. Chaque figurine est ensuite peaufinée à la main.
Après un premier séchage à l’air libre, les santons cuiront toute la nuit dans ce petit four à 980 degrés pendant 10 à 11h. 

Un réassort bienvenu, car à l’approche des fêtes, la demande est très forte. En témoignent ces colis, prêts à être expédiés. On est à une centaine par jour, en ce moment. Ces semaines sont décisives pour les équipes de l’atelier. « C’est ce qui va assurer nos salaires toute l’année« , explique Marie-Jo Garcia, décoratrice. Les figurines sont toutes peintes à la main. À l’origine, le santon raconte la naissance de Jésus, mais en Provence, ils sont aussi et surtout un hommage aux métiers ancestraux. « On perpétue une tradition, mais aussi on apprend à nos enfants qu’il y a des gens qui ont existé, qui n’existent plus, des métiers anciens, la femme aux picons, la femme aux limaçons, le porteur de glace. Et si on ne fait pas la crèche, on les oublie tout simplement », indique Nancy Montali. Parce que chaque pièce est unique, cette cliente est venue choisir ses santons directement en boutique. »Vraiment, les couleurs, elles sont différentes, c’est plaisir de les voir tous, c’est trop beau d’avoir tous ces métiers-là, cette variété qui est vraiment très, très riche, même dans les costumes, tellement variés« , estime la cliente. Les plus petits sujets sont vendus en moyenne 17 euros.

Une fois les pièces terminées, direction le Vieux Port de Marseille. C’est là que se tient la traditionnelle foire aux santons. Un marché incontournable pour l’artisan. Des santons traditionnels, d’autres plus contemporains ou parfois décalés. 40 000 visiteurs se pressent ici chaque hiver, à la recherche de nouvelles pièces. Nadine a commencé sa crèche il y a 33 ans. Elle possède aujourd’hui plus de 350 santons. Pour compléter sa collection, elle recherche cette année une pièce bien particulière. « Je cherchais un cueilleur d’olives« , déclare Nadine. D’un stand à l’autre, Nadine scrute chaque détail, analyse chaque santon. Mais elle ne trouvera pas son bonheur ce jour-là. Dans son salon, chaque année, elle passe plusieurs semaines à décorer sa crèche. Nadine voit les choses en grand. « Elle fait 2,50 mètres sur 65 centimètres » annonce-t-elle fièrement. Plus qu’une crèche, un véritable village provençal. « C’est une petite micro-société où il y a des artisans, des gens un peu plus aisés, tous les corps de métier, ce qui est traditionnel de notre Provence. C’est un incontournable de mon Noël. Je serais très malheureuse si je ne pouvais pas la faire« , raconte-t-elle. Le 25 décembre au matin, elle apportera la touche finale. Le petit Jésus rejoindra son berceau.





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