la nourrice algérienne sous OQTF condamnée à deux ans et demi de prison, la circonstance aggravante d’antisémitisme non retenue

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By InfoHunter



Le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) a rendu ce jeudi sa décision à l’encontre de la nourrice algérienne de 42 ans sous OQTF, jugée pour avoir versé des produits ménagers dans plusieurs aliments et cosmétiques de ses employeurs de confession juive. Elle a été condamnée à deux ans et demi de prison. 

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) s’est prononcé sur le sort de la nourrice algérienne de 42 ans sous OQTF, jugée pour avoir sciemment versé en janvier 2024 des produits ménagers toxiques dans les boissons et la nourriture de la famille juive qui l’employait, composée d’un couple et de trois enfants de 2, 5 et 7 ans.

La quadragénaire a été condamnée à deux ans et demi de prison et à une interdiction du territoire français de cinq ans. Elle a été relaxée de la circonstance aggravante d’antisémitisme. 

Jugée le 9 décembre dernier, le parquet avait requis trois ans d’emprisonnement avec maintien en détention, cinq ans d’interdiction d’entrer en contact avec la famille et dix ans d’interdiction du territoire français.

De la javel dans le vin et de la mousse émanant du jus de raisin

La prévenue avait obtenu, en novembre 2023, ce poste de nourrice en falsifiant une carte nationale d’identité belge. Mais les faits qui lui sont reprochés s’étaient déroulés dans la soirée du 29 janvier 2025.  

Ce soir-là, la mère de famille avait remarqué, quelques minutes après le départ de la quinquagénaire, une odeur de javel dans le vin et de la mousse émanant d’une bouteille de jus de raisin, avant de se rendre au commissariat le lendemain pour y porter plainte.

Les expertises toxicologiques menées par les enquêteurs avaient alors démontré une présence importante de polyéthylène glycol (PEG) et d’agents chimiques dans le vin, le whisky, l’alcool de figue, le jus de raisin et les pâtes. L’Ordonnance de renvoi du tribunal correctionnel (ORTC) avait confirmé que ces produits sont «nocifs, voire corrosifs pouvant provoquer de graves blessures du tube digestif».

«J’aurais jamais dû travailler pour une juive»

Après avoir d’abord nié les faits reprochés lors de sa garde à vue, la quadragénaire avait finalement affirmé lors de la perquisition de son domicile qu’elle n’aurait «jamais dû travailler pour une juive» car «elle n’a fait que m’apporter des problèmes».

Le juge d’instruction s’était appuyé sur cette phrase retranscrite dans le procès-verbal pour qualifier ce fait de circonstance aggravante en raison des «clichés antisémites sur le rapport au pouvoir et à l’argent» véhiculés.

La quadragénaire a également révélé lors de sa garde à vue avoir versé une «lotion à base savonneuse» dans les denrées alimentaires, évoquant un «avertissement» après des tensions salariales avec ses employeurs. «J’étais énervée, ils me manquaient de respect (…) Je savais que cela leur ferait peut-être ressentir des douleurs, mais pas au point de les tuer», a assuré la suspecte.

«Un problème de classe et de ressentiment financier»

Son avocate, Me Solange Marle, a vivement contesté la qualification antisémite de l’accusation, évoquant plutôt une profonde jalousie.

«Les propos incriminés prononcés restent centrés sur un problème de classe et de ressentiment financier», a défendu l’avocate, ajoutant que «les substances ciblées se trouvaient uniquement dans les boissons des parents, et non celles des enfants». L’expertise psychiatrique de la prévenue a conclu à l’absence de trouble ayant aboli ou altéré son discernement.

L’exploitation du téléphone de la nourrice a pourtant révélé des recherches Google sur l’identité du couple en décembre 2023, ainsi que sur «les juifs berbères» et les «pratiques religieuses du judaïsme». L’ORTC a également mis en avant «plusieurs publications en lien avec le conflit israélo-palestinien» postées sur Facebook.

A l’origine, la nourrice avait été mise en examen pour «tentative d’empoisonnement», mais les faits ont été requalifiés car les expertises n’ont pas établi que les produits versés étaient «de nature à entraîner la mort», comme cela doit être le cas pour être considéré pénalement comme un empoisonnement.



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