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Invitées du 20 heures de France 2, les comédiennes Josianne Balasko et Marilou Berry présentent leur nouvelle pièce de théâtre intitulée « Ça, c’est l’amour » qui sortira le 23 janvier 2026.
Léa Salamé : Josianne Balasko et Marilou Berry, vous allez passer toutes vos soirées pendant quatre mois ensemble sur scène au Théâtre des Bouffes-Parisiens, à partir de janvier. Ça va être facile de vivre avec sa mère, de vivre avec sa fille, tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs ?
Josianne Balasko : Marie-Lou avait très envie et en plus, la pièce permet d’évacuer les tensions. Parce que quand même, elle est odieuse : à un moment donné, elle me pourrit d’injures et d’insultes, et tout ça. Donc on est assez détendues après.
Marilou Berry : C’est très rare de pouvoir passer autant de temps avec ses parents quand on a cet âge-là. On retrouve presque un rythme d’enfant, finalement, en passant autant de temps le soir. Là, on s’est rendu compte qu’on allait passer toutes les deux nos anniversaires ensemble, alors que d’habitude, on bosse, on se retrouve les week-ends, moi, je suis très contente, au contraire.
On vous a déjà vues ensemble au cinéma, mais le théâtre, c’est la première fois. Pourquoi a-t-il fallu attendre la bonne pièce pour ça ?
J.B. : C’est vrai qu’on avait envie de jouer au théâtre, de ne pas jouer forcément une pure comédie. Et donc, on a rencontré un charmant jeune homme qui s’appelle Jean-Robert Charrier, qui est le directeur du théâtre de la Porte Saint-Martin et des Bouffes-Parisiens, et qui a cherché une pièce avec nous. Et d’un seul coup, un jour, il est revenu et nous a dit : « Tenez ». Il avait besoin de nous rencontrer pour pouvoir raconter une histoire qui lui est extrêmement intime, puisque cette histoire de femme abusée, d’enfant maltraité, c’est son histoire.
La pièce s’appelle « Ça, c’est l’amour ». C’est une pièce qui est à la fois drôle à la fois forte, et qui dit beaucoup de choses sur l’époque. C’est l’histoire d’une mère qui débarque le soir de Noël chez sa fille et le compagnon de sa fille alors qu’elle n’est pas invitée.
J.B. : Elle s’incruste et là, ça va être l’occasion de vous dire des choses. Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. On a tous un moment donné un poids de ses parents, d’avoir des parents qui débarquent alors que ce n’est pas prévu. On n’arrive pas dans quelque chose de très lourd, au contraire. Et ça prend vraiment le spectateur par la main et ça l’emmène vers autre chose. Et c’est ça qui est chouette à jouer parce qu’on s’amuse et c’est vraiment drôle parce qu’elle est très envahissante, mais elle est extrêmement drôle aussi. Et elles sont drôles pour le spectateur. Mais surtout, on voit aussi, parce qu’il faut dire, Marilou va mener cette pièce du bout en bout. On va la voir aux prises avec sa mère, mais surtout, on va la voir aux prises avec quelqu’un qui est, quelque part, son bourreau, qui est son mari.
C’est ça que vous allez mettre en lumière au fil de la pièce. Ça parle d’une femme sous emprise, et pour le coup, ça montre bien qu’une femme peut avoir une relation toxique, même si elle est forte. C’est ça, votre personnage.
M.B. : Oui, on pense souvent que les victimes sont des gens faibles, mais surtout dans ce genre de violences là, pas du tout. On a tous dans notre entourage ou dans notre vie personnelle, une amie ou soi-même, à un moment donné des connaissances qui l’ont vécu. Et ce ne sont pas des gens faibles, au contraire, ce sont souvent des gens qui peuvent avoir beaucoup de caractère, et c’est ça que je trouve intéressant : de ne pas avoir un personnage de victime qui se laisse faire, qui ne dit rien. Et c’est la vie, en fait, c’est très banal, finalement.
L’affiche, vous avez choisi cette photo-là de vous deux.
J.B. : C’est ma fille. On n’avait pas vraiment d’idée d’affiche. Et un jour, Marie-Lou a retrouvé cette photo qui date… Tu avais quel âge ? 5 ans ? Elle l’a montrée au directeur de Tod et c’est ça l’affiche.
Est-ce qu’elle est aussi drôle dans la vie, votre mère ? Quelle mère a-t-elle été ? Est-ce qu’elle est « attachiante » comme le personnage qu’elle joue dans la pièce ?
M.B. : Non, elle n’est pas du tout comme le personnage, heureusement. On n’est pas sur le cliché du comique dépressif à la maison. Elle est dépressive, mais pas comique. Elle a été drôle. Elle l’est, oui. Déjà, c’est quelqu’un qui n’est pas dans la plainte, ou pas devant les autres, et qui rebondit, quoi qu’il arrive. C’est ça qu’elle m’a appris aussi. C’est quelqu’un de drôle, ma mère.
Et Josianne, comment avez-vous réagi quand votre fille vous a dit : « Je vais être comédienne, je vais faire le même métier » ?
J.B. : Je me suis dit : « Pourvu qu’elle ne se plante pas. » C’est toujours ce qu’on pense. Est-ce que ma fille a envie de faire ce métier ? Elle le connaît puisqu’elle m’a vue, elle m’a suivie quand elle était petite sur les plateaux, dans les coulisses et tout, dans les salles de montage. Est-ce qu’elle est faite pour ce métier ? Il y a des gens qui disent que leurs enfants ne seront jamais acteurs. Un boulanger ne va pas dire à son fils qu’il ne sera jamais boulanger, qu’il ne sera jamais pâtissier. On a peur qu’elle se plante, que ce ne soit pas son truc. Elle a fait une école où on jouait. Elle a fait filmer par un copain ce qu’elle jouait. Elle jouait un extrait du monologue de Madame Marguerite, une pièce qu’avait adaptée Jean-Loup Dabadie. Et je l’ai vue et j’ai dit : « Bon, ça va, ça va. Je pense qu’elle va s’en tirer. »
C’est à partir du 23 janvier aux Bouffes parisiens pour cette pièce. Ça, c’est l’amour. Dans la précédente pièce, vous aviez cartonné, vous avez joué trois ans. Là, vous avez quatre mois. On peut déjà prendre les places aujourd’hui. C’est de Jean-Robert Charrier. Mais je voulais aussi, parce que ce sont les fêtes de Noël, montrer ce livre-là parce que c’est une réédition, Le Splendid par le Splendid. Il y a aussi un hommage, chacun d’entre vous, à Michel Blanc, qui nous a quittés il y a un peu plus d’un an.
J.B. : Bien sûr, parce qu’il est parti, je crois qu’il est parti avant la sortie du premier livre. Et alors donc, si vous achetez ce livre, non seulement il est super, parce que Jean-Pierre Lavoignat, qui est un journaliste de cinéma excellent, a fait un très bon boulot. Non seulement vous allez acheter un livre, vous risquez de vous marrer, mais aussi nos droits d’auteur vont à la fondation pour la recherche, voilà. Pour la recherche médicale.
M.B. : Moi, je tiens quand même à préciser qu’on n’est pas que toutes les deux sur scène. Il y a Riad Gahmi qui joue mon mari, qui est formidablement désagréable dans la pièce alors qu’il est délicieux.