Les agriculteurs manifestent leur colère depuis cinq jours contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire qui conduit à l’abattage total de troupeaux. La signature du Mercosur jetterait de l’huile sur le feu, avertit le président du syndicat.
/2023/07/07/64a7df4c5fe71_placeholder-36b69ec8.png)
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 3min
Alors que la Confédération paysanne annonce qu’elle va durcir le mouvement au lendemain des nouvelles propositions de la ministre de l’Agriculture jugées « hors sol » sur l’épidémie de dermatose nodulaire, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau menace à son tour mercredi 17 décembre sur France Inter de « mouvements beaucoup plus importants » en cas de signature des accords de libre-échange du Mercosur prévus en fin de semaine.
Si cet accord est signé, « on appellera nos réseaux à se mobiliser », prévient Arnaud Rousseau. « Chacun décidera là où il est » de la forme de cette mobilisation, par exemple, « aller contrôler dans les ports les importations de marchandises » et « faire en sorte d’alerter l’opinion publique ».
« Dans les semaines qui viennent, il faut que l’intégralité de ce cheptel soit vaccinée et nous nous y employons », a déclaré la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. 750 000 bovins supplémentaires seront ciblés, a-t-elle précisé. « On est dans une course contre la montre et tout ce qui ira vite aura du sens », estime le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. « Plus on ira vite pour vacciner les départements qui sont aujourd’hui concernés, mieux ce sera », souligne Arnaud Rousseau, qui précise avoir appelé tous les réseaux de la FNSEA « à se mobiliser pour vacciner le plus vite possible ».
« Mais en attendant, la maladie continue à être présente et on a besoin absolument de la contrôler », relève-t-il, rappelant « qu’on a impérieusement besoin qu’il n’y ait pas de déplacements d’animaux qui soient contrevenants à la règle pour éviter de transporter la maladie ».
Alors que la ministre a également appelé les vétérinaires à la retraite et les élèves en formation à se porter volontaire pour vacciner, Arnaud Rousseau « dénonce les menaces dont font l’objet » ces professionnels. Des vétérinaires, qui procèdent à l’abattage des bovins contaminés par la DNC et à la vaccination, ont reçu des menaces de mort ces derniers jours. « Un certain nombre de gens ont perdu la raison et menacent des vétérinaires », déplore Arnaud Rousseau. Or, « le vétérinaire dans un élevage, c’est le médecin de famille, c’est celui qui vous connaît, qui rentre chez vous depuis des années, qui a la compétence, qui vous accompagne », rappelle-t-il. « Je voudrais dire aux vétérinaires qu’on a besoin d’eux et que ce qui se passe en ce moment n’est pas acceptable et que nous dénonçons les menaces dont ils font l’objet. »
« Ma crainte, c’est que déjà les vétérinaires ruraux sont de moins en moins nombreux et si on ne les soutient, pas, un jour, un certain nombre d’entre eux disent ‘j’arrête ce métier' », alerte le président de la FNSEA. « On les soutient et je veux qu’ils sachent que pour ce qui nous concerne, on est à leurs côtés. » Dans ce dossier, une enquête pour menaces de mort a été ouverte mardi par le parquet de Bergerac (Dordogne) après une plainte du président de la Fédération des syndicats vétérinaires.