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Les piratages de grandes enseignes et structures se multiplient depuis plusieurs années. Le ministère de l’Intérieur a lui-même subi une cyberattaque la semaine dernière, une information confirmée par le locataire de Beauvau, Laurent Nuñez. Quelles données stratégiques sensibles ont pu être dérobées ? « L’Œil du 20 Heures » a enquêté.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
C’est le ministère chargé de notre sécurité et, même lui, s’est fait pirater. La semaine dernière, un hacker s’est introduit dans des serveurs de l’Intérieur. Une cyberattaque prise très au sérieux, qui pourrait avoir de lourdes conséquences dans notre quotidien. Tout est parti de Charente-Maritime jeudi dernier. Un média local révèle qu’un serveur d’un commissariat de police a été compromis.
Le ministre, Laurent Nuñez, confirme, mais reste vague sur l’ampleur des dégâts : « On ne sait pas encore, on n’a pas de traces de compromissions graves. On investigue à la fois en judiciaire et puis surtout, on a renforcé notre niveau de sécurité, et, notamment, les modalités d’accès au système d’information de tous nos agents ont été durcies », indiquait-il le 12 décembre au micro de RTL.
Immédiatement, les policiers ont pour consigne de changer tous leurs mots de passe et de redoubler de vigilance. Selon nos informations, le pirate est passé par une messagerie ressemblant à celle-ci : un logiciel interne de l’État déployé en 2008, conçu à l’origine pour les préfectures, le ministère de la Défense ou l’Assemblée nationale. En exploitant une brèche, un groupe aurait ainsi mis la main sur des millions d’informations sensibles. C’est en tout cas ce qu’ils affirment sur le dark web : « La France, pourquoi vous ne parlez pas des données sensibles auxquelles nous avons eu accès, comme le TAJ, le traitement des antécédents judiciaires ? Ou le fichier des personnes recherchées ? Et il y en a plus. »
Si ces pirates disent vrai, ils détiennent des données sensibles. Car le fichier des personnes recherchées est une base d’individus surveillés ou en fuite. Le TAJ, lui, contient aussi des profils de simples témoins ou de victimes dans des affaires judiciaires.
« Pour les victimes, c’est la double peine. Cette personne a été victime d’une affaire relativement grave. Elle a été inscrite dans un TAJ et demain, une personne peut lui faire du chantage et lui dire : ‘Je vais révéler aux yeux de tout le monde que vous avez été victime de tel fait, tel fait, tel fait.’« , pointe Amine Baba Aïssa, journaliste « cyberguerre » à Numérama.
À ce stade, malgré les ultimatums des hackers, aucune donnée volée n’a été diffusée en ligne. Ce soir, le ministère de l’Intérieur parle d’une intrusion très grave, mais reste prudent sur l’ampleur de ce piratage.