
Dès ce mardi 16 décembre, et pour une durée de deux jours, la cour d’assises de Paris doit se pencher sur le cas de Carole S., une Française de 30 ans ayant rejoint Daesh en 2014 avant d’être maintenue plus de quatre ans en captivité dans les camps. Elle est poursuivie notamment pour terrorisme.
Au lendemain de la condamnation de Lucie C. à 8 ans de prison pour son engagement auprès de Daesh, c’est un autre dossier similaire sur lequel doit se pencher la cour d’assises spéciale de Paris ce mardi 16 décembre. Il s’agit du cas Carole S., une Française de 30 ans ayant rejoint les jihadistes en Syrie en 2014.
Cette jeune femme est en réalité poursuivie pour «terrorisme» ainsi que pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime d’atteinte aux personnes». Le dossier est d’autant plus «spécial» puisqu’il comporte également un volet financier portant sur des détournements de fonds d’associations.
Pour comprendre cette affaire, il faut d’abord se pencher sur le profil de l’accusée. Carole S. est née en 1995, à Argenteuil, en région parisienne. Sa mère est une catholique non-pratiquante. L’accusée a connu une adolescence difficile marquée par un viol collectif. Elle a fini par quitter, en 2014, le département des Yvelines, à destination de la Turquie. Accompagnée de son frère aîné, Carole S. est parvenue à rejoindre Daesh, en Syrie.
Sur place, le frère de l’accusée a rejoint la police islamique du groupe terroriste. Quant à Carole S., cette dernière a épousé un homme décrit comme un «jihadiste sanguinaire» qui a finalement été nommé cadre d’un service de renseignement de Daesh, selon l’AFP.
Rapatriée en France en juillet 2022 après deux incarcérations dans les camps
Au cours de sa relation avec le terroriste, Carole S. a eu des enfants nés sur zone. Trois ans plus tard, soit en 2017, la trentenaire a décidé de fuir le long de l’Euphrate avant d’être arrêtée par les forces, en compagnie de ses enfants et d’autres femmes de jihadistes connues.
Depuis, et durant plus de quatre ans, l’accusée est passée par plusieurs camp de déplacés et de jihadistes présumés du Nord-Est de la Syrie, dont Al-Hol et Roj, avant d’être rapatriée en France en juillet 2022 avec d’autres jihadistes connues, dont la Bretonne Emilie König, soupçonnée d’avoir agi comme recruteuse pour Daesh. Le 16 septembre 2025, des juges d’instruction antiterroristes parisiens avaient ordonné le renvoi aux assises spéciales de cette femme de 40 ans présentée par le Parquet national antiterroriste (PNAT) dans son réquisitoire définitif comme une «véritable égérie» du groupe jihadiste. Emilie König a passé dix ans en Syrie, dont cinq comme détenue.
En captivité, Carole S. a été incarcérée à deux reprises, comme le rappelle l’AFP. Il lui a d’abord été reproché d’avoir tenté d’introduire des composants d’engins explosifs dans le camp d’Al-Hol. Elle a alors passé 8 mois en prison.
Sa 2e incarcération a eu lieu lorsqu’elle a rejoint le camp de Roj. Le motif ? La possession d’un téléphone. Son procès à Paris durera jusqu’à jeudi prochain.