le journaliste se pourvoit en cassation

Photo of author

By InfoHunter



Condamné à sept ans de prison en Algérie pour «apologie du terrorisme», le journaliste français Christophe Gleizes a déposé un pourvoi en cassation. Sa famille intensifie parallèlement les démarches politiques et diplomatiques, en France comme à Alger, dans l’espoir d’une grâce présidentielle.

Condamné à sept ans d’emprisonnement pour «apologie du terrorisme», à l’issue de son procès en appel à Tizi-Ouzou le 3 décembre, Christophe Gleizes a décidé de se pourvoir en cassation. Selon nos informations, cette démarche judiciaire s’accompagne d’un espoir de règlement par la voie diplomatique, avec en ligne de mire une éventuelle grâce présidentielle en Algérie.

Dimanche soir, ses avocats ont confirmé le dépôt du recours. «Christophe Gleizes a inscrit un pourvoi en Cassation», ont indiqué son conseil français Emmanuel Daoud à l’AFP, ainsi que son avocat algérien, Me Amirouche Bakouri, dans un communiqué publié sur Facebook. «Nous ne ferons pas d’autres commentaires», a précisé Maître Daoud.

Sa famille enchaîne les rencontres politiques

En attendant une éventuelle décision de la justice algérienne, les proches du journaliste ont multiplié les rencontres politiques. Lundi dernier, sa mère et son beau-père, qui l’a élevé depuis l’âge de douze ans, ont été reçus par Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Ce lundi, la famille de Christophe Gleizes est attendue au Sénat. Elle doit d’abord échanger avec des représentants de plusieurs groupes politiques, avant un entretien en début d’après-midi avec Gérard Larcher, président (Les Républicains) de la chambre haute, au palais du Luxembourg, à Paris.

Une condamnation confirmée en appel

La Cour d’appel de Tizi-Ouzou a confirmé, le 3 décembre, la peine de sept ans de réclusion prononcée en première instance fin juin. Christophe Gleizes est incarcéré depuis cette date. Reporters sans frontières a vivement dénoncé cette décision, la qualifiant de «consternante», visant «un journaliste n’ayant fait que son travail».

Collaborateur des magazines So Foot et Society, le reporter s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un article consacré à la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), club le plus titré du pays, basé à Tizi-Ouzou, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger.

Les accusations des autorités algériennes

La justice algérienne reproche à Christophe Gleizes des contacts avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste en Algérie. Arrêté le 28 mai 2024, il avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire dans un hôtel, avant d’être incarcéré à l’issue de son premier procès.

Seul journaliste français actuellement détenu à l’étranger, il est devenu un symbole des tensions persistantes autour de la liberté de la presse dans le pays.

Une détention au cœur des tensions diplomatiques

Au lendemain de la confirmation de la peine, Emmanuel Macron avait dénoncé un jugement «excessif» et «injuste», affirmant sa volonté de «trouver une issue favorable». L’Élysée a assuré agir auprès des autorités algériennes pour obtenir la libération et le retour en France du journaliste «dans les plus brefs délais».

Les proches de Christophe Gleizes ont désormais déclaré qu’ils allaient placer leurs espoirs dans une grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Sa première condamnation était intervenue dans un contexte de forte crispation diplomatique entre Paris et Alger, marqué par des rappels d’ambassadeurs et des expulsions croisées de diplomates.

Un début d’apaisement avait toutefois été observé après la grâce présidentielle et la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le 12 novembre dernier.



Source link

Laisser un commentaire