polémique autour des centrales d’achats

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By InfoHunter



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Les commandes publiques de mobilier, machines à café ou encore stylos sont chiffrées à plus de 230 milliards d’euros par an. Certains élus tirent la sonnette d’alarme : les centrales d’achats, en situation de quasi-monopole, auraient tendance à gonfler leur prix. Enquête.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Depuis son bureau, la maire (DVD) de Pontoise (Val-d’Oise), Stéphanie Von Euw, a décidé de mener un combat : économiser l’argent public. Elle dénonce le prix que les villes paient pour leurs équipements. « Parmi les marchés de fourniture, il y a l’incontournable cafetière que l’on trouve dans un certain nombre de bureaux. Dans le commerce, vous la trouvez autour de 60 euros. Nous l’avons payée quasiment 160 euros », dit-elle.

Il y a cinq ans, l’élue s’est rendu compte que sa mairie payait très cher de nombreux objets du quotidien. En cause, selon elle, une centrale d’achat publique, sorte de catalogue dédiée aux collectivités. « Un autre exemple courant, qui pourra parler à tout le monde : vous avez par exemple cette ramette de papier. Via une centrale d’achat, elle était facturée 6,22 euros à la collectivité, donc à la ville. Un particulier va l’acheter autour de 3,90 euros, 4 euros la ramette. C’est une gabegie financière pour les collectivités, à un moment où on nous demande de faire des économies », dénonce Stéphanie Von Euw. Depuis, la maire a décidé de ne plus recourir aux centrales d’achat.

Mais si d’autres utilisent toujours cet intermédiaire, c’est parce que l’organisme s’occupe de tout, notamment pour les achats au-dessus de 40 000 euros, de l’appel d’offres obligatoire à la livraison. France Télévisions a décortiqué les prix pratiqués sur le site de la principale centrale d’achat public, l’UGAP. Sur quelques produits, il existe bien une différence. Un vidéoprojecteur est vendu 1 390,14 euros sur l’UGAP, mais 1 249,90 euros dans une grande enseigne. Même constat pour un stylo vendu à 2 euros, trouvé à 1,59 euros dans un supermarché.

L’UGAP affirme de son côté que sur la majorité de son catalogue, les prix sont plus bas que ceux du marché. Mais elle reconnaît qu’il est difficile d’être compétitive sur tous les articles. « Nous vendons sur notre site internet 500 000 références par an. Un hypermarché a 40 000 références. Ni l’hypermarché, ni nous, ne pouvons garantir qu’à l’instant T, sur l’ensemble du catalogue, nous avons le meilleur prix du marché. C’est totalement impossible », avance Jérôme Thomas, le directeur général adjoint de l’UGAP.

Si les prix sont parfois pointés du doigt, le fonctionnement interroge également certains élus, notamment dans le processus d’attribution des marchés. Exemple : la centrale d’achat attribue un marché à un titulaire, soit une entreprise. L’entreprise qui obtient le marché fait parfois appel à des PME pour sous-traiter certains services. Ces petites entreprises doivent verser une commission souvent élevée au titulaire. Anonymement, l’un de ces sous-traitants dénonce des marges excessives au détriment des collectivités : « Le titulaire du contrat va appliquer une marge qui peut être autour de 20%. Pour 1 000 euros à la collectivité, ils vont nous dire [qu’ils prennent] 20% dessus, et vendre 1 200 euros à la collectivité. Se dire qu’il y a 20% qui va être supporté par la collectivité et à la fin par les impôts des Français, ça devient sensible. »

Interrogé sur ce point, l’UGAP assure contrôler régulièrement que ses commissions ne sont pas trop élevées. Les centrales d’achat sont aussi dans le viseur des sénateurs. « L’UGAP, ce n’est pas l’État dans l’État, c’est une structure qui est au service des intérêts publics, qui doit pouvoir rendre des comptes pour que toute la transparence soit faite sur les mécanismes de fixation des prix, sur les écarts qui peuvent être constatés« , cadre Simon Usenet, sénateur (PS) du Morbihan.

La question des commandes publiques est devenue éminemment politique, à quelques mois des élections municipales.

Economie.gouv.fr

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