« Avec une IA, nous n’aurions jamais pu transmettre la justesse, la finesse et l’émotion de ce film », affirme Théophile Dufresne, co-fondateur d’Ilogic Studios, à l’origine de la publicité Intermarché.

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By InfoHunter



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Jeudi 12 décembre, Théophile Dufresne, co-fondateur d’Ilogic Studios, était l’invité de Franceinfo pour évoquer son dernier film publicitaire, devenu viral sur Internet. À l’heure où l’intelligence artificielle s’immisce dans de nombreux domaines créatifs, il affirme avec conviction que la création humaine reste irremplaçable. Pour lui, le travail artisanal et la sensibilité des artistes apportent une valeur unique que les machines ne peuvent reproduire.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Florence O’Kelly : Nous sommes très heureux de vous accueillir, Théophile Dufresne. Vous êtes sans doute la star du moment, et on peut le dire ! Aujourd’hui, vous nous apportez un message très optimiste : la création n’est pas morte, et elle ne mourra jamais. Qu’est-ce qui vous rend si confiant vis-à-vis de l’intelligence artificielle, surtout alors que votre film a été entièrement réalisé par vos artistes et vos équipes ?

Théophile Dufresne : Eh bien, de notre côté, nous restons très optimistes sur cette question. Nous sommes convaincus que les machines ne remplaceront jamais la créativité, la sensibilité et l’émotion que seuls de vrais humains peuvent transmettre grâce à leur savoir-faire et leur talent. Pour ce film, par exemple, nous sommes extrêmement fiers d’avoir collaboré avec plus d’une soixantaine d’artistes, chacun ayant apporté sa propre expertise et sa touche personnelle. C’est ce qui rend aujourd’hui le film si réussi.

Qu’y a-t-il dans votre film que l’intelligence artificielle ne serait pas capable de reproduire ?

Clairement, si nous avions voulu réaliser ce film avec une IA, nous n’aurions jamais réussi à transmettre la justesse, la délicatesse, la finesse et l’émotion que l’on ressent à travers ce film. Pour nous, l’IA ne pourra devenir qu’un outil au service des humains et des artistes. Il y aura toujours une dimension de sensibilité humaine derrière chaque création.

Donc, pas d’IA dans ce projet. Mais est-ce que vous en avez utilisé à un moment du processus ?

Non, pour ce film, nous n’avons eu recours à aucune intelligence artificielle. Tout a été réalisé selon des méthodes traditionnelles. Comme je le disais, ces 60 artistes ont chacun leur spécialité et leur rôle. À la manière de vrais artisans, ils ont mis leur savoir-faire en commun pour créer ce film qui semble aujourd’hui rencontrer un beau succès sur Internet.

Cela dit, vous vous intéressez tout de même à l’IA et pourriez l’utiliser dans d’autres projets ?

Bien sûr. En tant que studio d’animation, nous devons observer ce qui se passe dans le domaine de l’IA, car de nouveaux outils apparaissent et peuvent transformer certaines méthodes de travail. Mais, encore une fois, il s’agira toujours d’outils, et non de substituts à la créativité humaine.

Vous avez vu les publicités de Coca-Cola avec ses Pères Noël générés par IA ? Qu’en pensez-vous ?

Elles remplissent une certaine fonction, mais ce n’est pas vraiment mon style. Aujourd’hui, nous sommes inondés d’images créées par intelligence artificielle. À mon avis, le travail fait à la main et les films réalisés de manière traditionnelle vont retrouver de la valeur, car ils offrent un côté « craft » que le numérique ne peut pas totalement reproduire.

Marianne Théoleyre : Mais on imagine que cela a un coût de ne pas utiliser l’IA. Ici, vous avez impliqué une soixantaine de personnes, ce qui représente un investissement conséquent ?

Chaque marque est libre de choisir sa méthode de travail. Pour nous, cette approche permet d’atteindre un résultat plus beau, plus fin et plus délicat qu’un film réalisé par IA. Je suis convaincu que ce film n’aurait pas rencontré le même succès s’il avait été entièrement créé par intelligence artificielle.

Cela suppose aussi que votre client ait accepté de financer un film de cette qualité. Mais n’y a-t-il pas un risque qu’un studio concurrent propose un film réalisé par IA à un coût dix, vingt ou cinquante fois inférieur, et que les marques finissent par se dire que ça ne vaut plus la peine d’investir autant pour un film 100 % humain ?

Les marques restent libres de leurs choix. Mais, comme je le disais, je pense que beaucoup auraient tout intérêt à mettre en avant le travail artisanal. Le fait main possède une vraie valeur ajoutée et, à mon sens, ce sera toujours un argument fort face à la production purement automatisée.


Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.





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