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La justice a prononcé dans la matinée du jeudi 11 décembre la liquidation de Brandt, qui était en grande difficulté depuis son placement en redressement judiciaire. Quelque 700 emplois vont être supprimés. Les salariés sont sous le choc et sidérés, à quelques jours de Noël.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
L’annonce a été brutale. Dans la matinée du jeudi 11 décembre, les salariés d’une usine Brandt à Saint-Ouen (Loir-et-Cher) ont appris la liquidation du groupe. « Ça s’arrête net. Dans 21 jours, on est tous licenciés, donc c’est le 1er janvier. Bonne année », commente Jorge Carranho, délégué CFE-CGC de Brandt.
Au total, près de 700 salariés sont licenciés, dont 93 dans cette usine. Symboliquement, ils brûlent tous les papiers devenus, selon eux, inutiles. Ils espéraient reprendre le groupe en créant une coopérative de salariés. Le tribunal a jugé leur proposition trop fragile. Une fin particulièrement douloureuse pour Tony Janvier, conducteur régleur, après 38 ans de carrière chez Brandt : « Quand on aura le chômage, mais bon, le chômage, ça ne va pas durer. Après, reprendre l’intérim comme moi à 59 ans, ça va être compliqué. »
25 millions d’euros étaient nécessaires pour relancer l’activité. L’État et les collectivités locales étaient prêts à remettre au pot au total 20 millions d’euros d’aides publiques. Mais il a manqué de l’argent privé, dénonce aujourd’hui le maire (DD) d’Orléans (Loiret). « Les banques qu’on a également harcelées pour le tour de table, et qui se sont toutes défilées, pour 4 millions d’euros », cible Serge Grouard.
Brandt, une marque que tout le monde connaît, a fait l’histoire notamment avec ses lave-linge, mais aussi ses fours et ses plaques de cuisson. L’usine près de Vendôme (Loir-et-Cher) a compté jusqu’à 900 salariés.
L’annonce de sa fermeture définitive est vécue comme un choc dans la ville. « Un désespoir par rapport à l’économie du territoire, par rapport à tous les salariés », déplore un habitant. Difficile également pour les commerces de centre-ville, qui redoutent de voir rapidement leur activité baisser. « Bien sûr, ça nous inquiète. Parce que si de grandes entreprises comme Brandt ferment, franchement on se pose des questions, nous, petits commerçants« , avance Derya Demirel, gérante d’un bar à Vendôme.
Après la fermeture, que deviendront les deux dernières usines du groupe Brandt ? Le ministère de l’Économie dit étudier toutes les pistes pour tenter d’y implanter une nouvelle activité industrielle.