
La famille de Mathis, mortellement percuté le 1er novembre dernier à Lille par un automobiliste ayant consommé du protoxyde d’azote, a demandé jeudi aux ministres de la Justice et de l’Intérieur d’encadrer strictement l’accès à cette substance.
Un besoin de réponse et d’actes. Ce jeudi, la famille de Mathis, jeune homme de 19 ans percuté par un chauffard ayant consommé du protoxyde d’azote, s’est entretenue avec les ministres Gérald Darmanin (Justice) et Laurent Nunez (Intérieur).
Ils ont ainsi réclamé que le gouvernement réserve la vente et l’achat de protoxyde d’azote «aux seuls professionnels autorisés par décret, sur présentation de justificatifs, par des revendeurs spécialisés». Utilisé en médecine ou en cuisine, sa vente est en théorie interdite aux mineurs et dans certains lieux depuis 2021, mais sauf arrêtés locaux, elle reste légale.
Il a aussi été proposé de «sanctionner sévèrement la détention non autorisée de protoxyde d’azote» notamment au moyen de peines liées au permis de conduire : suspension, perte de points, annulation et confiscation immédiate et définitive du véhicule dans lequel serait retrouvé du produit.
Des désaccords sur le sort du «gaz hilarant»
Le 1er novembre dernier, Mathis a été tué sur l’un des principaux boulevards lillois par un conducteur qui avait consommé du protoxyde d’azote et tentait de fuir la police. Cette substance, surnommée «gaz hilarant», a notamment pour effet secondaire la perte de contrôle de ses consommateurs.
En mars dernier, le Sénat a voté la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote, sans aller toutefois jusqu’à interdire totalement sa vente aux particuliers, comme l’avaient fait auparavant les députés. L’avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres.
Les accidents liés à l’usage du «gaz hilarant» se sont multipliés. Le 3 décembre dernier, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de protoxyde d’azote ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d’un pavillon à Alès (Gard).